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Des députés PS tentent une ouverture pour dénouer la crise

reuters.com

Publié le 25 mai 2016 à 17:20 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:50

Des deputes ps tentent une ouverture pour denouer la crise

Des deputes ps tentent une ouverture pour denouer la crise

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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Des députés socialistes ont proposé mercredi une ouverture pour sortir du périlleux bras de fer dans lequel le gouvernement est engagé avec la CGT et Force ouvrière sur la loi Travail mais la voie est étroite et les réactions peu encourageantes à ce stade.

Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a suggéré en accord avec le rapporteur du texte, Christophe Sirugue, de réécrire une partie de l'article 2, le plus contesté de ce texte soutenu par la CFDT.

Cet article représente 59 des 224 pages du texte porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, dont il est le coeur.

Il réécrit les dispositions du Code du travail relatives à la durée et l'organisation du travail et donne la primauté à la négociation d'entreprise pour adapter ces règles.

La CGT, FO et leurs alliés voient dans la prééminence donnée aux accords d'entreprise sur les conventions de branche ou nationales une "inversion" inacceptable de la "hiérarchie des normes" et une menace sur l'égalité des droits des salariés.

Bruno Le Roux et Christophe Sirugue proposent d'amender cet article pour donner aux branches un pouvoir de contrôle a priori sur les accords d'entreprises, alors que le texte actuel ne leur donne qu'un droit de regard a posteriori.

"Nous ne voulons pas enlever le principe de l'accord d'entreprise", a dit à Reuters Christophe Sirugue. "Nous voulons ajouter un élément permettant une régulation par la branche."

Si une commission paritaire de branche professionnelle juge que l'accord d'entreprise comporte un risque de dumping social ou de concurrence déloyale, les syndicats qui y siègent pourront dire aux salariés mandatés ou aux délégués syndicaux concernés "vous ne signez pas", a-t-il expliqué. S'ils n'obtempèrent pas, ils pourront se voir retirer leur mandat.

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ISOLER LA CGT

Cet élu PS reconnaît qu'il y a un risque d'engorgement des commissions de branche : "C'est un argument que m'a donné (le numéro 1 de FO) Jean-Claude Mailly et que je trouve pertinent."

Contrairement à la CGT, FO n'a pas rompu les ponts avec François Hollande et Manuel Valls, qui ménagent ce syndicat et son secrétaire général dans leurs déclarations.

Tout se passe comme si le chef de l'Etat, le Premier ministre et les chefs de la majorité socialiste cherchaient à casser l'alliance entre la CGT et FO pour isoler l'organisation de Philippe Martinez, principal cible du gouvernement.

"La question est de savoir comment on sort de la crise dans laquelle on est", explique Christophe Sirugue. "De toutes façons il y a une organisation syndicale avec laquelle il n'y a pas d'échange, la CGT."

"Jean-Claude Mailly m'a dit clairement qu'il ne fermait pas la porte", ajoute-t-il. "Si on veut avancer, il faut avancer. Je pense qu'il y a des discussions possibles."

Pour l'heure, FO, qui exige au minimum la suspension de l'examen de la loi El Khomri et le retrait de l'article 2 afin de redonner la main aux partenaires sociaux, a réagi plus que fraîchement aux propositions des parlementaires socialistes.

Jean-Claude Mailly a ainsi accusé sur BFM TV Manuel Valls de "confondre autorité et autoritarisme" :

"Le Premier ministre ne peut pas se prévaloir du dialogue et refuser toute discussion sur les points clés (...) où il reste 'buté' disant je ne change rien, je reste droit dans mes bottes. Dans ces conditions, il porte la responsabilité du conflit."

"STUPIDE"

Il est vrai que Manuel Valls s'était montré inflexible, quelques instants auparavant, lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

"Il n'y aura ni retrait du texte ni remise en cause de l'article 2 car c'est le coeur de la philosophie du texte", a déclaré le Premier ministre, qui a cependant laissé la porte entrouverte pour des discussions dans le cadre de l'examen du texte en deuxième lecture à l'Assemblée nationale.

La voie est d'autant plus étroite que toute remise en cause de la philosophie du texte, âprement négocié avec les syndicats réformistes, CFDT en tête, reviendrait pour le gouvernement à se mettre à dos les principaux soutiens de la loi El Khomri.

La numéro 2 de la CFDT, Véronique Descacq, a qualifié de stupides les déclarations de Bruno Le Roux à la chaîne LCP évoquant une réécriture de l'article 2.

"C'est stupide, ça ne peut pas marcher", a-t-elle déclaré à Reuters. "Soit on considère que le dialogue social dans notre pays est mature et on fait confiance aux acteurs de terrain pour prendre les bonnes dispositions, soit on n'y croit pas et si on n'y croit pas on ne le fait pas", a-t-elle ajouté. "Nous, on y croit (...) et donc il faut laisser l'article 2 comme il est."

Le projet de loi, sur lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité faute de majorité pour le faire adopter en première lecture à l'Assemblée, est actuellement au Sénat. Il doit revenir à l'Assemblée cet été.

(Avec Emile Picy et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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