Nouveau front contre l'Etat islamique dans le nord de la Syrie
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par Phil Stewart et John Davison
WASHINGTON/BEYROUTH (Reuters) - Plusieurs milliers de combattants syriens soutenus par les Etats-Unis ont ouvert un nouveau front d'importance dans la guerre en Syrie, dans le but de reprendre à l'Etat islamique (EI) la poche de Manbij, une zone clé située dans le nord de la Syrie que le groupe utilise comme base logistique.
Par ailleurs, dans les faubourgs de Damas, une trêve de 48 heures a été instaurée à Daraya, où de l'aide humanitaire est arrivée mercredi pour la première fois depuis 2012. Le Conseil de sécurité de l'Onu doit tenir vendredi une réunion d'urgence sur l'accès des organisations humanitaires aux zones assiégées en Syrie.
Le Haut Comité des négociations (HCN) mis sur pied par l'opposition syrienne a pour sa part proposé une trêve pendant le ramadan, dans une lettre adressée à l'Onu.
L'opération sur Manbij, qui a commencé mardi après plusieurs semaines de préparatifs discrets, vise à couper l'accès de l'EI au territoire syrien le long de la frontière turque, que les djihadistes utilisent comme base pour assurer la circulation des combattants étrangers venant d'Europe ou y repartant.
Daech contrôle une bande frontalière de 80 km de long qui s'étend à l'ouest de Djarablous, elle-même située au nord de Manbij. "C'est important, dans le sens que c'est le dernier passage qu'il leur reste" vers l'Europe, a déclaré un responsable militaire américain à Reuters, qui a révélé l'information.
L'offensive est appuyée sur le terrain par quelques membres des forces spéciales américaines. Le président Barack Obama a autorisé 300 militaires des forces spéciales à opérer sur le terrain à partir de lieux tenus secrets en Syrie pour aider à organiser la lutte contre l'EI.
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A DISTANCE DE LA LIGNE DE FRONT
Ceux qui sont à Manbij le sont en tant que conseillers et restent à distance de la ligne de front, précisent les responsables américains qui ont requis l'anonymat. "Ils seront aussi près qu'il est nécessaire pour que l'opération puisse se faire. Mais ils ne s'engageront pas directement dans les combats", explique-t-on.
La coalition internationale menée par les Etats-Unis, qui appuie l'offensive, a pilonné les positions de l'EI près de Manbij avec huit frappes mardi sur six unités tactiques de djihadistes, deux quartiers généraux et une base d'entraînement.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, ces frappes aériennes ont tué quinze civils, dont trois enfants.
L'OSDH, qui dispose d'un réseau d'informateurs sur le terrain, précise que les Forces démocratiques syriennes (FDS), l'alliance qui mène l'assaut pour prendre la poche de Manbij, s'est emparée de 16 villages et se trouve désormais à moins de 15 km de Manbij.
A Washington, on avait auparavant précisé que l'opération serait essentiellement menée par des Arabes syriens et non pas par les combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), qui ne représenteront qu'un cinquième ou un sixième des forces. C'est important pur la Turquie qui s'oppose à l'extension de la présence des Kurdes syriens à la frontière. L'OSDH estime, elle, que les combattants YPG constituent la majorité des forces participant à l'offensive sur Manbij.
APRES LE DÉPART DE L'EI
Les YPG contrôlent une bande frontalière de 400 km de long, dans interruption. Ankara les considère comme un groupe terroriste et voit d'un mauvais oeil le soutien que leur apportent les Etats-Unis dans leur combat contre l'EI.
Les responsables américains assurent que les YPG ne combattront que pour faire partir l'EI de la zone autour de Manbij et que les combattants arabes syriens seront les seuls à stabiliser et à sécuriser la zone après le départ de l'EI.
"Après la prise de Manbij, l'accord prévoit que les YPG ne resteront pas (...) Aussi, vous aurez des Arabes syriens occupant la terre traditionnelle arabe syrienne", a expliqué un membre de l'administration américaine.
Un responsable américain a dit que l'armée turque soutenait l'offensive. Un autre a précisé qu'elle ne participait pas militairement. De source militaire turque, on explique qu'Ankara a été informé de l'opération par Washington et que la Turquie ne peut y participer en raison de la présence des YPG kurdes et parce que la poche de Manbij est au-delà de la portée de l'artillerie stationnées en Turquie.
Pourtant, l'armée turque a bombardé les positions de l'EI dans le nord de la Syrie ces dernières semaines.
De source kurde, on prédit que les milices syriennes atteindront Manbij en quelques jours. On ajoute que les défenses de l'EI stationnées sur la rive occidentale de l'Euphrate se sont effondrées au début de la campagne.
L'opération pourrait annoncer une offensive à Rakka, capitale autoproclamée de l'Etat islamique en Syrie et objectif numéro un de l'armée américaine sur le terrain.
(Avec Tom Perry à Beyrouth, Tulay Karadeniz à Ankara et John Walcoot à Washington, Henri-Pierre André, Jean-Philippe Lefiet et Danielle Rouquié pour le service français)
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