Rapport accablant de l'Onu sur les dirigeants érythréens
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GENEVE (Reuters) - La Commission d'enquête des Nations unies sur l'Erythrée a accusé mercredi les dirigeants de ce pays de crimes contre l'humanité, dont ceux de tortures, de viols et de meurtres, et a demandé au Conseil de sécurité d'imposer des sanctions et de saisir la Cour pénale internationale (CPI).
Des atrocités - au nombre desquelles un service militaire sans limite de durée, qui équivaut à de l'esclavage de masse - ont été commises dans le pays depuis son accession à l'indépendance en 1991, et elles se poursuivent toujours, a déclaré la commission d'enquête mandatée par l'Onu pour enquêter sur ces faits.
Selon le président de la commission d'enquête, ce sont 300.000 à 400.000 personnes qui ont été réduites en esclavage en Erythrée ces vingt-cinq dernières années du fait du "service national". Mike Smith a ajouté lors d'une conférence de presse que les forces de sécurité déployées aux frontières continuaient sans doute de tirer à vue sur les Erythréens tentant de fuir le pays.
Le gouvernement érythréen a parlé d'accusations sans fondement et estimé que les experts de l'Onu étaient animés par des considérations politiques.
"L'Erythrée rejette les accusations à caractère politique et sans fondement, ainsi que les recommandations destructrices de la commission d'enquête", a déclaré un conseiller de la présidence à Asmara, Yemane Ghebreab. "Elle (l'Erythrée) estime qu'il s'agit là d'une attaque injustifiée qui vise non seulement l'Erythrée, mais aussi l'Afrique et les pays en développement."
(Tom Miles avec Edmund Blair à Nairobi; Eric Faye pour le service français)
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