François Hollande sur la tombe du général de Gaulle
reuters.com
reuters.com
PARIS (Reuters) - François Hollande se rend ce lundi à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne) pour se recueillir sur la tombe du général de Gaulle, une première pour un président socialiste en exercice dont s'offusque une partie de la famille gaulliste.
Accompagné du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le chef de l'Etat rendra un hommage silencieux au fondateur de la Ve République, à cinq jours de l'anniversaire de l'appel du 18 juin 1940, que François Hollande ira célébrer au Mont Valérien.
A Colombey, le président déposera une gerbe sur la tombe du général avant de visiter le domaine de la Boisserie, résidence familiale des De Gaulle, et se recueillir devant la Croix de Lorraine érigée non loin de là.
La venue du chef de l'Etat répond à une invitation de la famille De Gaulle, précise l'entourage de François Hollande.
"Le général de Gaulle appartient à tous les Français, il appartient à notre Histoire et il est normal de rendre hommage à un homme qui a contribué à faire de notre pays ce qu'il est aujourd'hui", souligne un proche.
Ce déplacement a suscité l'ironie du porte-parole des Républicains, Guillaume Larrivé.
"D'une certaine manière, nous nous félicitons de ce qui pourrait être une sorte de conversion tardive à quelques valeurs qui sont les nôtres, les valeurs du gaullisme, même si nous ne nous faisons aucune illusion bien sûr sur le caractère tactique d'une telle multiplication de commémorations", a-t-il déclaré lors d'un point de presse. "A tel point qu'on se demande s'il est président de la Ve République ou de la IVe République."
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"PROVOCATION"
Plus sévère, le député Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat à l'élection présidentielle de 2017, dénonce une "provocation".
"François Mitterrand n'a jamais été gaulliste mais n'a jamais eu l'outrecuidance de se recueillir sur la tombe du général de Gaulle", a-t-il déclaré sur RTL. "François Hollande se livre à une petite manoeuvre assez pitoyable. C'est une provocation."
A la différence de l'ancien président socialiste (1981-1995), auteur d'un essai anti-De Gaulle intitulé "Le coup d'Etat permanent", François Hollande ne se pose pas en détracteur du fondateur de la Ve République, qu'il cite souvent dans ses discours.
"Le président commémore chaque année l'appel du 18 juin. Il rend hommage à tous ceux qui ont fait notre Histoire. Cela fait tout simplement partie du rôle d'un président de la République", souligne son entourage, qui ne voit pas dans la visite à Colombey matière à "polémique".
Le déplacement de François Hollande en Haute-Marne précédera d'autres hommages.
Il visitera vendredi à Versailles l'exposition "Un président chez le roi-De Gaulle au Trianon". Puis, le lendemain, jour anniversaire de l'Appel du 18-Juin, il rendra sa traditionnelle visite au Mont Valérien, devant le Mémorial de la France combattante.
La plupart des candidats à la primaire de droite se réclament du gaullisme, tel le maire de Bordeaux, Alain Juppé, et l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, qui a fait acte de candidature ce lundi.
Colombey-les-Deux-Eglises est un lieu de pèlerinage pour des personnalités politiques de tous bords. L'ex-président Les Républicains Nicolas Sarkozy s'y rendait chaque année lorsqu'il était au pouvoir.
En 2014, le vice-président du Front national, Florian Philippot, était allé fleurir la tombe du général de Gaulle à l'occasion du 44e anniversaire de sa mort, le 9 novembre 1970.
(Elizabeth Pineau, avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)
reuters.com