Obama reçoit le dalaï-lama malgré la mise en garde de Pékin
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Le dalai-lama recu a la maison blanche malgre l'oppposition de pekin
KEVIN LAMARQUE
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Le dalai-lama recu a la maison blanche malgre l'oppposition de pekin
KEVIN LAMARQUE
par David Brunnstrom
PEKIN (Reuters) - Barack Obama a reçu mercredi à la Maison blanche le dalaï-lama, chef spirituel en exil des Tibétains, malgré l'avertissement de la Chine pour laquelle une telle rencontre nuira aux relations diplomatiques sino-américaines.
Signe du caractère privé de la rencontre, elle a eu lieu à la résidence de la Maison blanche et non pas dans le bureau ovale, où le président reçoit habituellement les dirigeants étrangers.
Pour cette quatrième rencontre avec le dalaï-lama à la Maison blanche depuis son élection en 2008, Barack Obama a encouragé les Tibétains en exil à engager un dialogue direct avec la Chine afin de surmonter leurs divergences.
"Le président (...) croit en la préservation des traditions uniques - religieuses, culturelles et linguistiques - du Tibet", a déclaré le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest.
En même temps, la position des Etats-Unis, à savoir que le Tibet fait partie intégrante de la Chine, n'a pas changé, a ajouté Josh Earnest.
Dans un entretien à la chaîne Fox News mercredi soir, le dalaï-lama a déclaré que l'entretien avec Barack Obama avait porté sur la situation au Tibet. Tenzin Gyatso a réaffirmé qu'il ne réclamait pas l'indépendance du Tibet mais une autonomie substantielle permettant la préservation de la culture bouddhiste.
Dans l'interview à Fox, le dalaï-lama a souligné que le président chinois Xi Jinping avait dit que le bouddhisme était une partie importante de la culture chinoise.
"C'est nouveau, pour un chef de Parti communiste, vous voyez, mentionner des choses positives au sujet du chef de file du bouddhisme, merveilleux", a déclaré le dalaï-lama.
"Aussi, le peuple chinois, y compris ses dirigeants, font de nouvelles expériences; aussi les choses vont-elles changer", a-t-il ajouté en soulignant que le maintien d'un strict contrôle de la société n'avait pas d'avenir selon lui.
Le ministère chinois des Affaires étrangères avait auparavant estimé que cette rencontre nuirait aux relations entre Washington et Pékin.
La Chine considère le dalaï-lama, qui vit en exil en Inde depuis 1959, comme un dangereux séparatiste. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lu Kang, a dit lors de son point de presse régulier que sa rencontre avec Obama serait perçue comme un encouragement par les "forces séparatistes".
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LA CHINE NOUVELLE PARLE D'INGÉRENCE
Cette rencontre a eu lieu à un moment délicat dans les relations sino-américaines, Pékin affirmant de plus en plus ses revendications sur la majeure partie de la mer de Chine méridionale et procédant à la "poldérisation" de récifs comme les Spratleys, où des installations ont été construites.
Lorsque Barack Obama avait reçu le dalaï-lama en 2014, il avait indigné la Chine en s'engageant à apporter un "vigoureux soutien" à la cause des droits de l'homme au Tibet.
Mercredi, l'agence de presse officielle Chine nouvelle a accusé Washington de ne pas avoir tenu sa promesse de ne pas soutenir l'indépendance du Tibet, ce en maintenant sa rencontre avec le dalaï-lama. Celle-ci "met fortement en danger les relations sino-américaines, et attente profondément aux sentiments du peuple chinois", écrit l'agence.
"Soutenir l'indépendance du Tibet est une ingérence manifeste dans les affaires intérieures de la Chine et une violation grossière des normes des relations internationales. Jouer la 'carte Tibet' montre que l'administration américaine néglige son crédit politique et son prestige international", poursuit l'agence officielle.
(Laura Martin, Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service français)
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