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La filière automobile commence à évaluer les dégâts du Brexit

reuters.com

Publié le 24 juin 2016 à 15:24 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:43

La filiere automobile evalue les degats du brexit

La filiere automobile evalue les degats du brexit

© Phil Noble / Reuters

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par Laurence Frost et Edward Taylor

PARIS/FRANCFORT (Reuters) - Les constructeurs automobiles, qui avaient été parmi les premiers à se mobiliser pour un maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, ont commencé vendredi à évaluer les dégâts que le Brexit menace de causer à leur activité.

Si elles n'ont pas autant chuté que les financières, les valeurs automobiles européennes ont trébuché de 8,8%, emmenées par les françaises PSA (-16%) et Renault (-14%).

PSA, quatrième constructeur en Grande-Bretagne avec une part de marché de 8,5%, est considéré comme le plus vulnérable à une chute de la livre sterling, faute de production locale. Le constructeur a indiqué qu'il serait probablement contraint d'augmenter ses tarifs, au prix de la compétitivité de ses modèles sur un marché qui risque d'être freiné par le Brexit.

"Les équipes étudient différents scénarios de réajustement des tarifs de ventes des modèles de nos marques pour réagir vite aux réactions des marchés", a déclaré un porte-parole, avant d'ajouter : "Il est trop tôt pour en mesurer l'impact réel."

Avant même l'issue du référendum, plusieurs constructeurs avaient exhorté les responsables politiques à préserver une zone de libre échange entre le Royaume-Uni et l'UE en cas de Brexit.

"De nombreuses questions vont se poser quant à savoir si l'on continue à investir au Royaume-Uni pour l'Europe si le Royaume-Uni sort d'Europe", a déclaré la semaine dernière sur CNBC Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan.

Nissan est l'un des constructeurs asiatiques les plus exposés à long terme car son usine géante de Sunderland, en Grande-Bretagne, alimente toute l'Europe.

Jaguar Land Rover, le principal constructeur britannique avec 25.000 emplois, a tenté de rétablir un certain calme vendredi en assurant que "rien ne changera pour nous, ou pour l'industrie automobile, du jour au lendemain". Mais des sources citant des documents internes ont déclaré la semaine dernière que la filiale de l'indien Tata estime qu'un Brexit amputera son bénéfice annuel d'un milliard de livres en quelques années.

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LES IMPORTATEURS PURS LES PREMIERS TOUCHÉS

Au total 770.000 personnes travaillent directement ou indirectement pour l'automobile au Royaume-Uni, où les ventes sont déjà attendues en baisse de 10% cette année, selon Evercore ISI, parce que les consommateurs diffèrent les gros achats.

Ford, deuxième constructeur de Grande-Bretagne où il emploie 14.000 personnes, surtout dans les moteurs, a promis de "faire tout le nécessaire pour s'assurer que son activité européenne demeure compétitive et ne s'éloigne pas du chemin allant vers une profitabilité durable."

Le fabricant de voitures de sport Aston Martin, qui emploie 1.800 personnes au Royaume-Uni, pourrait lui aussi chercher des gains de productivité supplémentaires pour compenser l'éventuel impact négatif du Brexit, a déclaré son directeur général, Andy Palmer, à Reuters, même si la baisse de la livre, propice à l'export, pourrait en atténuer l'effet.

Toute faiblesse de la devise britannique donne un avantage compétitif immédiat à ceux qui fabriquent sur place - Nissan, JLR, BMW ou GM, alors qu'elle pénalise les importateurs purs comme PSA, Renault (4,3% de part de marché) ou même le leader Volkswagen, avec une part de marché de 18,9% l'an dernier selon Barclays.

La puissante association des constructeurs allemands VDA a réagi pour dire que "les projecteurs doivent être braqués de nouveau sur l'idée centrale d'un marché commun" si l'on veut que l'UEredevienne un projet séduisant pour les électeurs. Le Royaume-Uni demeure le principal marché à l'export pour les constructeurs allemands, avec pas moins de 810.000 véhicules vendus sur place.

"Sur le plan géographique, le pays est peut-être une île - mais sur le plan politique et économique, ce n'en n'est pas une", a observé le président du directoire de Daimler (Mercedes), Dieter Zetsche.

(Avec Costas Pitas à Londres, Norihiko Shirouzu à Pékin et Naomi Tajitsu à Tokyo, Gilles Guillaume pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot)

reuters.com

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