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Londres suspend la décision sur Hinkley Point

reuters.com

Publié le 01 août 2016 à 09:27 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:36

La decision sur hinkley point suspendue par les britanniques

La decision sur hinkley point suspendue par les britanniques

SUZANNE PLUNKETT

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par Kate Holton

LONDRES (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May est personnellement intervenue pour repousser la signature de l'accord sur la construction par EDF de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point afin d'examiner plus attentivement le dossier, a déclaré samedi une source gouvernementale.

Selon cette source, Theresa May a expliqué au président français François Hollande, lors de leur rencontre à l'Elysée il y a neuf jours et au cours d'une conversation téléphonique, qu'elle aurait besoin de temps pour étudier le projet. "Ils se sont mis d'accord sur le calendrier", a ajouté ce responsable.

Le conseil d'administration d'EDF a donné jeudi soir son feu vert à ce projet controversé et la signature du contrat avec le gouvernement de Theresa May devait avoir lieu vendredi mais le nouveau ministre britannique des Entreprises et de l'Energie, Greg Clark, a annoncé à la surprise générale que son gouvernement allait revoir attentivement tous les aspects du projet et rendre sa décision en début d'automne.

Un ancien collègue de Theresa May au sein du gouvernement de David Cameron a déclaré que Theresa May ne partageait pas l'enthousiasme de son prédécesseur pour l'implication financière de la Chine dans le projet.

"Quand nous étions au gouvernement (Cameron)", a confié sur les ondes de la BBC l'ex-ministre des Entreprises Vince Cable, "Theresa May a bien fait comprendre qu'elle n'appréciait pas l'approche plutôt enthousiaste que nous avions vis-à-vis de l'investissement chinois."

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"Dans mon souvenir, elle avait soulevé à l'époque des objections", a-t-il ajouté.

Le Royaume-Uni et EDF ont conclu un accord sur le projet Hinkley Point, en Angleterre, en 2013 alors que la participation chinoise a été intégrée deux ans plus tard à l'occasion d'une visite d'Etat à Londres du président chinois Xi Jinping pour célébrer le début d'une nouvelle "période dorée" entre les deux puissances.

A la fin octobre 2015, EDF, son partenaire chinois CGN et le gouvernement britannique ont conclu une série d'accords en vertu desquels l'électricien public français détiendra 66,5% du projet et CGN (China General Nuclear) 33,5%. Le coût de construction des réacteurs est estimé par EDF à 18 milliards de livres sterling (21,3 milliards d'euros environ).

SECTEUR STRATÉGIQUE

Theresa May a été pendant six ans ministre de l'Intérieur du gouvernement de David Cameron avant de prendre sa succession à la tête de l'exécutif britannique après le vote du 23 juin en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Dans les semaines qui ont suivi le Brexit, elle a souligné que son pays restait ouvert aux investissements. Elle a toutefois prévenu que son gouvernement devait être capable d'intervenir pour défendre un secteur jugé stratégique contre des capitaux étrangers si nécessaire.

L'an dernier, Nick Timothy, un proche collaborateur de Theresa May devenu l'un de ses chefs de cabinet, s'était inquiété du fait que le groupe CGN, détenu par l'Etat chinois, aurait accès à des systèmes informatiques lui donnant la capacité de bloquer la production énergétique britannique.

Les deux réacteurs de Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre, fourniraient environ 7% de l'électricité du Royaume-Uni et permettraient de combler le vide laissé par la fermeture des centrales à charbon du pays, prévue d'ici 2025.

Les frais de construction sont à la charge d'EDF et CGN mais le gouvernement britannique s'est engagé à verser pendant 35 ans un prix minimum pour l'électricité fournie par la centrale.

Les opposants au projet, parmi lesquels des élus et experts britanniques, estiment que Londres surpayera son électricité à ce tarif, qui est actuellement deux fois plus élevé que les prix du marché.

EDF, qui a dit ne pas avoir été prévenu de la décision du gouvernement britannique de réexaminer le projet, s'est dit confiant dans la décision que rendra Londres à l'automne. CGN a déclaré respecter la décision du gouvernement de prendre du temps pour se familiariser avec le dossier.

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

reuters.com

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