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A droite, les couteaux sont tirés

reuters.com

Publié le 29 août 2016 à 05:12 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:32

Francois fillon n'epargne pas nicolas sarkozy

Francois fillon n'epargne pas nicolas sarkozy

© Stephane Mahe / Reuters

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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Les principaux candidats à l'investiture de la droite pour l'élection présidentielle de 2017 ont sorti les couteaux ce week-end, dans une pré-rentrée déclenchée par l'officialisation de la candidature de Nicolas Sarkozy.

François Fillon s'est livré dimanche à la charge la plus violente contre celui dont il a été le Premier ministre cinq ans durant, une violence inversement proportionnelle aux intentions de votes dont il est crédité par les sondages pour la primaire de la droite et du centre, prévue les 20 et 27 novembre.

Dans un discours prononcé dans son fief de Sablé-sur-Sarthe, il a accusé sans le nommer l'ex-chef de l'Etat de démagogie et mis en doute la légitimité de sa candidature.

"Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs", a-t-il dit dans une allusion aux affaire impliquant Nicolas Sarkozy. "Qui imagine un instant le général de Gaulle mis en examen ?"

Les derniers sondages créditent François Fillon de 9% à 10% des intentions de vote au premier tour de la primaire, loin derrière Alain Juppé (34%), Nicolas Sarkozy (24% à 34%) et Bruno Le Maire (15% à 17%).

Depuis lundi dernier et l'officialisation de sa candidature, fidèle à sa stratégie d'occupation du terrain médiatique, l'ancien chef de l'Etat multiplie les interventions pour tenter de combler son retard sur le maire de Bordeaux.

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Il s'appuie notamment sur le climat créé par les attentats djihadistes de l'été, en particulier celui de Nice qui a fait 86 morts le 14 Juillet, et sur la polémique créée par les arrêtés d'une trentaine de maires interdisant de plage les musulmanes revêtues d'un maillot de bain intégral, le "burkini".

"Je ne serai pas le candidat des compromis bancals, des demi-solutions et des dénis de réalité, sur l'immigration comme sur le reste !" a lancé samedi Nicolas Sarkozy à la tribune du Campus des Jeunes Républicains, au Touquet (Pas-de-Calais).

Il s'est présenté en défenseur de l'identité nationale. "Certains la voient heureuse", a-t-il dit en faisant allusion à un thème de campagne d'Alain Juppé ; "d'autres, comme moi, la voient avec un regard malheureusement plus réaliste."

"L'AUTORITÉ N'EST PAS L'AGITATION"

Et d'entonner ce qui s'annonce comme un leitmotiv de sa campagne : "Il n'y a pas de compromis raisonnable avec l'islam politique et avec l'islam radical."

Autant d'attaques à peine voilée contre son principal rival, qui refuse pour sa part de "jeter de l'huile sur le feu".

"Je refuserai toujours d'instrumentalisme les peurs, de flatter les bas instincts", a répliqué samedi le maire de Bordeaux devant environ 1.500 militants rassemblés sur l'île des Impressionnistes, à Chat, dans les Yvelines.

Invité dimanche du Grand Rendez-vous Europe 1-iTELE-Les Echos, il s'est efforcé de peaufiner une image en contrepoint de celle de Nicolas Sarkozy.

Il a ainsi fait valoir que l'"autorité (n'était) pas l'agitation" et défendu le principe d'une "modération" qui n'est pas pour autant "le compromis".

"La modération, ce n'est pas facile. C'est extrêmement difficile de garder son sang froid, de garder son équilibre et de proposer des solutions équilibrées", a-t-il insisté. "La société française est sous tension ; eh bien ce dont elle a besoin c'est d'un homme qui la rassure et qui la rassemble."

En troisième position dans les sondages pour la primaire de la droite et du centre, l'ancien ministre Bruno Le Maire s'est efforcé de renvoyer dos à dos Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

"Je vois d'un côté des discours toujours plus durs, toujours plus violents, toujours plus brutaux, qui se solderont inéluctablement par toujours plus de déceptions, et de l'autre côté, l'immobilité heureuse", a-t-il dit. "Eh bien je pense qu'entre ces deux options, il y a de la place pour un espoir."

Interrogé par BFM TV, Laurent Wauquiez, proche de Nicolas Sarkozy qui lui a confié la présidence par intérim du parti Les Républicains (LR) a souhaité que les candidats à la primaire évite les "coups bas".

"Ça ne peut pas être un pugilat de petites phrases", a-t-il dit. Reste à savoir s'il sera entendu.

reuters.com

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