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Le maintien du plan Sentinelle en l'état continue de diviser

reuters.com

Publié le 06 septembre 2016 à 15:26 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:29

Le dispositif de securite sentinelle divise

Le dispositif de securite sentinelle divise

© Philippe Wojazer / Reuters

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18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Manuel Valls a défendu mardi le dispositif de sécurité Sentinelle, dont la forme est contestée depuis plusieurs mois et dont le maintien à son niveau maximal est qualifié de "confort politique" par l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Mise en place dans la foulée des attentats de janvier 2015, l'opération a mobilisé à son lancement plus de 10.000 militaires chargés de surveiller les sites sensibles.

Ce dispositif a été par la suite pérennisé à hauteur de 7.000 militaires avant d'être une nouvelle fois porté à 10.000 après les attentats de novembre dernier.

Son maintien en l'état fait débat ces derniers mois, l'armée de terre étant déjà sollicitée sur les théâtres extérieurs.

"On a demandé à la Défense de faire tapis, en montant d'entrée de jeu au plafond de 10.000 hommes, avec de trop éphémères redescentes à 7.000", a estimé mardi Jean-Pierre Raffarin, président de la commission défense du Sénat, lors de l'université d'été de la Défense à Paris.

"En conséquence, les tensions sont fortes pour l'armée de terre, au moins jusqu'à fin 2017, et les entraînements et les rythmes d'activité resteront perturbés", a-t-il souligné.

"Les forces armées ne sont pas là pour pallier les carences des autres institutions (...) l'ordre public est du ressort des forces de sécurité intérieures", a-t-il ajouté, chaudement applaudi par le parterre de militaires.

Face à ce constat, l'ancien Premier ministre, "appelle à la fois à une meilleure répartition des rôles entre les armées et les forces de sécurité intérieures et à un allégement dynamique de Sentinelle."

"Le confort politique, c'est le statu quo à 10.000, c'est vraiment du confort", poursuit le sénateur de la Vienne, soutien d'Alain Juppé. "Le besoin du pays lui, c'est de redonner des marges de manoeuvres" à nos armées.

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"POINT D'EQUILIBRE"

S'exprimant après lui dans le cadre d'une table ronde, Manuel Valls a pris la défense du dispositif, appelant au pragmatisme tout en se disant ouvert à des évolutions.

"On ne peut pas dire que nous faisons face à une menace sans précédent, qu'il y a un continuum entre sécurité intérieure et extérieure, et ne pas y impliquer pleinement nos armées y compris sur le territoire intérieur", a-t-il dit.

"C'est vrai que c'est un vrai changement dans lequel l''armée de terre est plus particulièrement impliquée (mais) je constate que les Français plébiscitent ce choix".

"S'il y a continuum je plaide pour qu'on garde sous une forme qui peut toujours évoluer cette opération Sentinelle même si je suis conscient que c'est un effort très important de nos armées", a-t-il ajouté. "Il va falloir continuer à réfléchir et à innover, trouver le bon point d'équilibre".

Les détracteurs du dispositif jugent inadaptées les gardes statiques devant les édifices sensibles et pointent la sous-exploitation du savoir-faire militaire dans cette mission de surveillance ainsi que les mauvaises conditions de vie des soldats.

"10% des soldats de Sentinelle campent pour huit semaines dans des lits de camp en plein Paris, ils ne se plaignent pas (...) mais à quelle autre administration du pays pourrait-on demander un effort de cette nature?", s'interroge Jean-Pierre Raffarin.

Un rapport parlementaire présenté fin juin recommandait de réduire les gardes statiques pour privilégier les patrouilles et de ramener le dispositif de 10.000 à 7.000 militaires.

Une préconisation reprise par la commission d'enquête parlementaire sur les moyens de lutte contre le terrorisme qui prône un retrait progressif de Sentinelle, accompagné du recrutement de 2.000 policiers et gendarmes pour muscler le plan Vigipirate.

Face aux critiques, François Hollande a défendu en juillet sa décision de maintenir l'opération à son niveau maximal tout en annonçant des mesures, notamment financières, pour les militaires.

Quelque 11.000 soldats supplémentaires doivent être recrutés d'ici fin 2017 pour répondre aux besoins de Sentinelle et obtenir une force opérationnelle terrestre de 77.000 hommes.

(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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