Moscou et Washington concluent un accord de trêve en Syrie
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Etats-unis et russie parviennent a un accord concernant la situation en syrie
KEVIN LAMARQUE
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Etats-unis et russie parviennent a un accord concernant la situation en syrie
KEVIN LAMARQUE
par David Brunnstrom et Tom Miles
GENEVE (Reuters) - Les Etats-Unis et la Russie ont salué un accord majeur samedi à Genève visant à remettre en marche le processus de paix en Syrie et y instaurant une trêve nationale à compter du coucher du soleil lundi.
Les deux pays entendent également mettre en place des corridors sûrs pour les opérations humanitaires et organiser à terme des actions coordonnées contre des groupes islamistes.
"Aujourd'hui, Sergueï Lavrov et moi, au nom de notre président et notre pays, appelons tous les acteurs syriens à soutenir le plan auxquels sont parvenus les Etats-Unis et la Russie, pour (...) mettre un terme le plus vite possible à ce conflit catastrophique par un processus politique", a dit le secrétaire d'Etat américain, John Kerry.
Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a déclaré qu'en dépit d'une méfiance persistante, les deux camps ont mis au point cinq documents permettant un combat coordonné contre le terrorisme et une reprise de la trêve abandonnée sous une forme améliorée.
Une "cessation des hostilités" avait été mise en place par Moscou et Washington le 27 février dans tout l'ouest de la Syrie.
"Cela crée les conditions nécessaires pour la reprise du processus politique qui est à l'arrêt depuis longtemps", a dit Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse.
Cet accord est le fruit de plus de dix heures de discussions à Genève entre les deux pays, émaillées ces dernières semaines par des désaccords sur de nombreux points techniques.
John Kerry, qui devait quitter Genève, a reporté son départ d'un jour pour obtenir, dit-il, la garantie d'un accord solide.
"Le gouvernement Obama, les Etats-Unis, font un pas en avant car nous pensons que la Russie et mon collègue (Sergueï Lavrov) ont la capacité de faire pression sur le régime d'Assad pour mettre fin au conflit et venir à la table des négociation pour faire la paix", a-t-il dit.
John Kerry a précisé que le "fondement" de l'accord résidait dans la promesse du régime de s'abstenir de frappes aériennes sur les zones rebelles, même sous le prétexte de viser les djihadistes de l'ancien Front al Nosra.
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"Cela devrait mettre fin aux bombes barils, fin aux bombardements sans discernement et cela peut potentiellement changer la nature du conflit", a-t-il déclaré.
Si la trêve instaurée à compter de lundi soir tient, la Russie et les Etats-Unis se donnent sept jours pour préparer leur coopération dans des frappes contre le Front al Nosra et le groupe Etat islamique (EI), a-t-il ajouté.
Un "centre commun d'opérations" sera organisé, notamment pour partager des informations permettant de délimiter les territoires contrôlés par l'ex-Front al Nosra et l'opposition.
RETRAIT D'ALEP
Le choix de "poursuivre al Nosra n'est pas une concession, à personne. Il est dans l'intérêt des Etats-Unis de viser Al Qaïda et de viser la branche d'Al Qaïda en Syrie qu'est Al Nosra", a-t-il déclaré.
Le Front al Nosra s'est rebaptisé Fatah al Cham en juillet dernier et a annoncé rompre ses liens avec Al Qaïda, espérant par là ne plus être la cible de bombardements de puissances étrangères, Etats-Unis et Russie en tête.
"Nous devons combattre ces terroristes. Pas de manière aveugle mais d'une manière stratégique, précise et judicieuse pour qu'ils ne soient plus en mesure d'utiliser les bombardements aveugles du régime pour fédérer le peuple autour de leurs crimes odieux", a poursuivi le secrétaire d'Etat américain.
Toutes les parties prenantes devront respecter les termes de la trêve, a-t-il poursuivi.
Le plan "nécessite de cesser toutes les attaques, notamment les bombardements aériens, et toutes les tentatives de gagner du territoire aux dépens d'autres parties de l'accord de cessation des hostilités. Il requiert un accès humanitaire sans obstacle durable à toutes les zones assiégées et difficiles d'accès, dont Alep".
L'accord de vendredi prévoit que les deux camps se retirent de la route dite de Castello, corridor stratégique de ravitaillement pour les rebelles au nord-ouest d'Alep.
Les groupes rebelles et les forces du régime devront également assurer un accès sécurisé par le quartier de Ramoussah, dans le sud de la ville, repris ces derniers jours par l'armée syrienne.
L'Onu a annoncé vendredi que les convois humanitaires étaient dans l'impossibilité de circuler depuis le début du mois à Alep, mise en garde qui a encore souligné l'urgence d'une trêve.
(Julie Carriat pour le service français)
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