Lael Brainard et son appel à la prudence dopent Wall Street
reuters.com

La cloture des marches americains
REUTERS
reuters.com

La cloture des marches americains
REUTERS
par Yashaswini Swamynathan
NEW YORK (Reuters) - Wall Street a terminé en nette hausse la première séance de la semaine, réagissant aux déclarations de divers responsables de la Réserve fédérale qui semblent écarter le risque d'une remontée des taux d'intérêt dès la semaine prochaine.
La Bourse attendait surtout le discours du gouverneur Lael Brainard, farouche partisane de la politique de taux ultra-bas de la banque centrale.
Celle-ci doit prendre garde à ne pas retirer le stimulant monétaire trop tôt en raison de faiblesses potentielles du marché du travail et des risques conjoncturels à l'étranger, a déclaré Brainard. "L'heure est à la prudence pour ce qui concerne le retrait du côté accommodant de la politique monétaire", a-t-elle dit.
Un peu auparavant, le président de la Fed d'Atlanta Dennis Lockhart et son collègue de la Fed de Minneapolis Neel Kashkari avaient estimé qu'il n'y avait pas d'urgence à relever les taux à une date particulière.
Leurs propos sont venus tempérer ceux prononcés la semaine dernière par le président de la Fed de Boston Eric Rosengren pour qui la Fed prendrait des risques si elle attendait trop longtemps pour resserrer sa politique monétaire.
La Bourse a accru ses gains, tandis que le dollar a perdu 0,29% contre une panier de devises de référence à la suite des déclarations de Brainard, et les rendements des Treasuries se sont eux aussi repliés.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

L'indice Dow Jones a gagné 239,62 points (1,32%) à 18.325,07 points. Le S&P-500 a pris 31,23 points (1,47%) à 2.159,04 points. Le Nasdaq Composite a avancé de 85,98 points (1,68%) à 5.211,89 points.
Les traders ont ramené de 24% vendredi à 15% la probabilité d'une hausse des taux ce mois-ci et de 59,2% à 54,5% celle de décembre, selon le baromètre FedWatch de CME Group.
Un regain des anticipations d'une hausse des taux en septembre à la suite des déclarations de Rosengren avait amené les trois grands indices de Wall Street à subir vendredi leur plus fort recul depuis le Brexit.
Après les dégagements de vendredi, le S&P-500 se traitait à un PER de près de 17, au-dessus de sa moyenne de 10 ans de 14, selon Thomson Reuters Datastream.
Des valorisations élevées sont un risque mais cela n'implique pas forcément que la Bourse se repliera sur le court terme, dit Brad McMillan (Commonwealth Financial). "C'est un peu comme l'hypertension; on aura sans doute une crise cardiaque un jour ou l'autre mais pas forcément tout de suite", a-t-il dit.
Wall Street a aussi tiré parti de la hausse de 2,24% d'Apple, après deux séances dans le rouge d'affilée.
Le distributeur Wal-Mart a gagné 2,33%, après que le courtier Cowen & Co eut relevé sa recommandation de performance en ligne à surperformer.
(Avec Noel Randewich, Wilfrid Exbrayat pour le service français)
reuters.com