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Le gouvernement défend sa discipline pour le budget 2017

reuters.com

Publié le 20 septembre 2016 à 13:44 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 12:25

Le gouvernement defend sa discipline budgetaire pour 2017

Le gouvernement defend sa discipline budgetaire pour 2017

© Charles Platiau / Reuters

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PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a confirmé mardi tabler sur une croissance de 1,5% pour l'économie en 2017 et viser un déficit public ramené à 2,7% du PIB en dévoilant un scénario macroéconomique sans surprise pour le dernier projet de loi de finances du quinquennat.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Michel Sapin, a maintenu ces objectifs en assurant que l'ensemble des nouvelles mesures annoncées depuis début 2016 en faveur des jeunes, des enseignants, de la sécurité, de l'emploi, dont il a chiffré le coût à 5,7 milliards d'euros, seraient financées.

S'y ajoutent la nouvelle baisse de l'impôt sur le revenu annoncée début septembre pour un milliard d'euros et une poursuite de celle la fiscalité des entreprises, même si son impact se fera sentir surtout sur 2018.

Bercy s'en est tenu à une prévision de croissance de 1,5% l'an prochain, un peu au-dessus des attentes des institutions internationales (entre 1,2% et 1,4%).

Michel Sapin a fait valoir que, avant l'été, "tout portait à croire" que cette prévision de 1,5% serait dépassée" et que les derniers développements "semblent montrer" que les effets du Brexit sur l'environnement international de la France "seront moins notables que les premières estimations.

S'agissant du respect de l'objectif de déficit public à moins de 3% promis à l'Union européenne, il a rappelé que le gouvernement avait annoncé dès le printemps qu'il lui faudrait prendre cinq milliards de mesures de redressement supplémentaires en 2017.

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IRRESPONSABILITÉ DE LA DROITE

"Cet effort sera réalisé. De même que seront financées les mesures décidées depuis avril", a-t-il dit.

Alors que la droite accuse le gouvernement d'accumuler les factures impayées, le ministre des Finances a accusé ses dirigeants, en pleine bagarre pour la primaire en vue de la présidentielle, de vouloir laisser filer les déficits en cas de retour au pouvoir, au risque de décrédibiliser la parole de la France.

"Le sérieux budgétaire de ces quatre dernières années nous a permis de regagner l'estime de nos partenaires européens et de faire entendre la voix de la France, il serait dramatique que nos efforts soient effacés en quelques mois par irresponsabilité", a-t-il indiqué.

En attendant, il a annoncé que le gouvernement avait décidé de relever à +2,1% l'Objectif national des dépenses d'assurance maladie pour 2017, contre 1,75% prévu précédemment, - soit un impact de 700 millions d'euros - pour tenir compte des conséquences en année pleine de la hausse du point d'indice de la grille salariale de la fonction publique hospitalière.

Anticipant ce développement, le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, qui présentait mardi un rapport sur la Sécurité sociale, a déclaré qu'un tel scénario "pourrait être compris comme le signal d'un relâchement plus durable de l'évolution des dépenses".

CHARGE D'INTÉRÊT REVUE EN BAISSE

L'Etat doit également assumer l'an prochain une baisse de moitié, à 1,2 milliard d'euros, de la contribution des collectivités locales à l'effort sur les dépenses publiques consentie début juin.

Pour honorer ces engagements, Bercy va demander 1,5 milliard d'euros d'économies supplémentaires à la Sécurité sociale, selon des modalités qui devraient être dévoilées en fin de semaine.

Par rapport à la trajectoire des finances publiques publiée en avril, il compte aussi encore économiser 1,2 milliard sur la charge d'intérêts de la dette de l'Etat du fait de la faiblesse persistante des taux d'intérêt.

Il prévoit en outre d'engranger autant de recettes qu'en 2016 grâce à la lutte contre la fraude fiscale, soit 1,9 milliard d'euros.

Michel Sapin a démenti que le gouvernement ait recours à des artifices, comme un durcissement du dernier acompte d'impôt sur les sociétés en fin d'année, pour boucler son budget.

"Cette mesure ne concerne que les 1.000 plus grandes entreprises. Ceci ne change rien pour ces dernières (...) et surtout ceci ne change rien pour l'année 2018 puisque le montant dû pour cette année-là sera également bien payé en 2018".

L'effet décalé dans le temps des nouvelles baisses d'impôt fait que le taux des prélèvements obligatoires devrait rester stable en 2017 à 44,5% du PIB alors que le gouvernement visait à l'origine 44,2%.

Mais Michel Sapin a confirmé l'objectif d'une stabilisation de la dette publique autour de 96% du PIB l'an prochain.

(Yann Le Guernigou, avec Leigh Thomas et Michel Rose, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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