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Premier débat à droite, des piques mais pas de pugilat

reuters.com

Publié le 14 octobre 2016 à 05:06 - Mis à jour le 14 octobre 2016 à 05:10

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18 juillet 2026

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par Sophie Louet et Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Les candidats à l'investiture présidentielle de la droite ont confronté jeudi soir leurs programmes et leurs tempéraments lors du premier débat de la primaire où les affaires judiciaires et les inimitiés tenaces ont brouillé l'enjeu malgré les efforts ostensibles de chacun pour éviter le pugilat.

Alain Juppé, favori des sondages, et Nicolas Sarkozy, pour qui il devient urgent d'enrayer une dynamique défavorable, ont décliné une partition connue.

Pour le maire de Bordeaux, un "Etat fort" à même de remettre la France sur la voie du "plein emploi" et de l'"optimisme", pour l'ancien président "une France de l'action" succédant à "la France du bavardage" dans une "alternance forte, énergique, immédiate, concrète" au service de "la majorité silencieuse".

Dans ces deux registres éprouvés, les deux hommes se sont neutralisés, Alain Juppé optant stratégiquement pour une prudente réserve, Nicolas Sarkozy, crispé tout au long de l'exercice, pour un volontarisme rappelant les campagnes de 2007 et 2012.

Ce sont les "outsiders" qui ont ménagé surprise et intérêt, notamment le plus méconnu d'entre eux, le président du Parti chrétien-démocrate Jean-Frédéric Poisson, crédité de 0,5% à 2% dans les sondages, qui a marqué sans complexe ses différences, sur le revenu universel, la laïcité ou les fichés S.

La seule femme candidate, Nathalie Kosciusko-Morizet, a ravi à Bruno Le Maire, emprunté, le privilège de la nouveauté en invitant les électeurs à refuser la "nostalgie": "Le recyclage, ça marche pour les déchets, pas pour les idées".

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"Passez à autre chose", a déclaré pour sa part l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy Bruno Le Maire qui s'est efforcé difficilement de déclarer hors-jeu "le clan des redoublants", pour reprendre une expression de son porte-parole Damien Abad.

"Si vous voulez continuer comme avant, vous avez tout ce qu'il faut sur ce plateau", a-t-il lancé en préambule, à quelque distance des pupitres d'Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

"On a gouverné ensemble pendant cinq ans", leur a rappelé l'ancien président au début des échanges.

Le député de l'Eure dispute à François Fillon la place de troisième homme dans le scrutin, sans précédent à droite, des 20 et 27 novembre.

Marquant sa singularité, notamment par la radicalité de ses propositions économiques et sa position isolée sur le dossier syrien, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui se défie des sondages, a appelé à déjouer les pronostics.

"Ce que ce débat a montré ce soir, c'est qu'il n'y a pas deux candidats qui ont déjà gagné le premier tour de la primaire", a-t-il dit en conclusion.

"CE N'EST PAS TOI..."

La palme de l'offensive, au risque parfois de l'agressivité, revient à Jean-François Copé, crédité de 2% dans les sondages les plus flatteurs, qui a joué son va-tout en décochant plusieurs traits à Nicolas Sarkozy, à sa droite, auquel il ne pardonne pas de l'avoir mis en cause dans l'affaire Bygmalion.

D'emblée, le député-maire de Meaux, qui dirigea la majorité à l'Assemblée sous Nicolas Sarkozy, s'en est pris à celui-ci en l'accusant de ne pas avoir honoré ses engagements.

"Il y a dix ans, en 2007, j'avais comme des millions de Français espéré en la rupture que proposait Nicolas Sarkozy pour notre pays (...). Cette rupture, malheureusement on l'a pas faite", a-t-il lancé d'entrée.

Nicolas Sarkozy, qui a dit par la suite avoir été "fair-play" pour pouvoir "rassembler" à l'avenir, est sorti de ses gonds lorsque Jean-François Copé lui a reproché ainsi qu'à François Fillon, qui a "la mémoire qui flanche", d'avoir été défavorables à la loi de 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public. "C'est nous les députés qui l'avons faite passer".

"Ce n'est pas toi qui nous l'a imposée, tu étais bien incapable d'imposer ni au Premier ministre ni au président de la République quoi que ce soit", a répliqué Nicolas Sarkozy.

La tension a été palpable lors de l'évocation des affaires judiciaires qui plombent la droite depuis des décennies.

A Bruno Le Maire, qui souhaite que les prétendants à un mandat électif dévoilent leur casier judiciaire, Alain Juppé, condamné en 2004 pour prise illégale d'intérêts, a lancé : "Je tiens mon casier judiciaire à la disposition de Bruno."

"Aujourd'hui, les Français ont la décision au bout de leur bulletin de vote, s'ils estiment que ma faute me disqualifie, ils ne m'éliront pas", a-t-il dit.

"PAS LE MARTINE AUBRY DE DROITE"

Nicolas Sarkozy, échaudé par les déclarations liminaires de François Fillon sur l'exemplarité politique, a lâché, à propos de sa formule -- "Qui imagine le général de Gaulle mis en examen?" --: "Ce ne sont pas des déclarations qui honorent ceux qui les prononcent".

Jean-François Copé a enfoncé le clou sur l'affaire Bygmalion, dans laquelle il a été blanchi et pour laquelle Nicolas Sarkozy est mis en examen, en renvoyant chaque candidat à sa "conscience".

François Fillon, la voix étranglée par l'émotion, a dû pour sa part à nouveau démentir avoir demandé à l'actuel secrétaire général de l'Elysée de "ruiner judiciairement" Nicolas Sarkozy.

"Ce n'était pas un combat de boxe, on pouvait s'expliquer, il y a eu des moments d'émotion (...) moi ça m'a plu (...) C'était propre", a voulu résumer Nicolas Sarkozy à des journalistes après le débat, où il a difficilement dissimulé son irritation.

Le débat a porté sur les thèmes de l'immigration et de la sécurité, ainsi que les questions économiques.

Même si leurs programmes ont pour axe commun une politique libérale au profit des entreprises, les candidats se sont affrontés sur les 35 heures, les mesures fiscales,les retraites.

"Je ne serai pas le Martine Aubry de droite. C'est-à-dire qu'on a eu une obsédée des 35 heures, on ne va pas être des obsédés des 39 heures", a ainsi déclaré Nicolas Sarkozy à l'adresse de François Fillon et Alain Juppé qui prônent, dans des modalités différentes, un allongement de la durée hebdomadaire du travail.

Au chapitre de l'immigration, Alain Juppé, qui a défendu sans emphase son concept contesté d'identité "heureuse", et Nicolas Sarkozy, critiqué pour avoir invoqué la lignée des "Gaulois", ont été critiqués par les "petits" candidats.

"Entre l'identité heureuse et l'identité gauloise, il y a une troisième voie qui est l'identité républicaine", a dit par exemple Nathalie Kosciusko-Morizet.

reuters.com

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