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Les diplomates s'interrogent sur le futur de Mossoul

reuters.com

Publié le 18 octobre 2016 à 11:04 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:19

Des questions se posent sur le futur de mossoul

Des questions se posent sur le futur de mossoul

THAIER AL-SUDANI

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Warren Strobel, Yara Bayoumy et Jonathan Landay

WASHINGTON (Reuters) - L'offensive contre Mossoul, dernier grand fief urbain de l'Etat islamique en Irak, est lancée mais nombre de questions se posent sur ce qu'il conviendra de faire une fois la ville reprise.

A Washington, des responsables de l'administration américaine ne cachent pas leur inquiétude. Le nord de l'Irak est une poudrière ethnique et les risques d'un déchaînement de violences intercommunautaires que le pays a connues sont grands.

Mais, ajoutent-ils, il n'y a pas le choix.

Et puis les djihadistes de l'EI sont en situation de faiblesse sur le plan militaire et c'était donc le moment pour les forces irakiennes, soutenues par la coalition sous commandement américain, de frapper.

"Si l'on essaie de tout résoudre (en Irak) avant Mossoul, Daech ne quittera jamais la ville," expliquait ce mois-ci Brett McGurk, émissaire spécial du président Barack Obama.

Certains à Washington souhaitaient la conclusion d'accords politiques à Bagdad avant le déclenchement de l'offensive militaire. D'autres pensent le contraire.

"Si l'on quitte le terrain militaire pour d'abord résoudre les rivalités politiques présentes de longue date (à Bagdad), on perdra inévitablement l'élan qui existe pour se débarrasser de l'EI", résume un responsable de l'administration Obama.

Néanmoins, l'histoire récente des interventions militaires américaines dans la région ne prête guère à l'optimisme.

En 2003, les Etats-Unis ont envahi l'Irak, défait Saddam Hussein mais, tous les spécialistes de la question en conviennent, n'avaient pas de vision claire d'un Irak post-Saddam, et pas assez de troupes sur le terrain.

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Treize ans plus tard, les faits le démontrent.

Même chose en Afghanistan, où les taliban continuent d'être actifs, quand ils ne menacent pas la stabilité du pays, quinze ans après l'intervention américaine consécutive au 11-Septembre.

RETOUR DU GOUVERNEUR

Cette fois, Barack Obama semble soucieux de voir les djihadistes perdre autant de terrain et d'influence que possible avant son départ de la Maison blanche en janvier.

"Manifestement, on cherche à avancer autant que possible face à Daech", confirme un diplomate occidental au fait de la stratégie de la Maison blanche.

Mais, dans les milieux de la défense et des services de renseignement, on se demande si l'armée irakienne a les moyens de mener de manière efficace à Mossoul une mission qui pourrait prendre des semaines, voire des mois à accomplir.

Sans parler de ce que certains dépeignent comme un cauchemar lorsque Sunnites, Kurdes et Chiites voudront tous leur part du gateau de Mossoul, en conservant les zones que leurs forces auront reprises.

Face aux risques de violences à caractère confessionnel, si fréquentes en Irak, un plan est prévu une fois la victoire à Mossoul acquise, dit-on à Washington.

Il prévoit le retour aux affaires du gouverneur de la province de Ninive, Naufal al Akoub, et la division de la ville en districts avec un maire à la tête de chacun d'eux.

Naufal al Akoub gouvernera aux côtés d'un haut représentant envoyé par Bagdad et d'un autre d'Irbil, la capitale du Kurdistan autonome.

La population locale est majoritairement sunnite, alors les autorités irakiennes ont éloigné les milices chiites des Forces de mobilisation populaire, qui ont pour mission de reprendre à l'EI la ville de Haouidja, à une centaine de kilomètres au sud.

Responsables irakiens comme américains veulent en outre s'assurer que les civils qui choisiront de quitter la ville le fassent par des voies sûres, afin d'éviter les exactions qui ont marqué la reprise à l'EI d'autres villes, notamment Falloudja.

Ils souhaitent aussi éviter un exode massif - les Nations unies craignent de voir jusqu'à un million de personnes déplacées - au fur et à mesure de l'avancée des forces gouvernementales.

Et ne pas voir se reproduire ce qui s'est passé à Falloudja, Tikrit ou Ramadi, pratiquement vidées de leurs habitants au moment de la fuite des djihadistes de l'EI.

(Gilles Trequesser pour le service français)

reuters.com

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