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Le PS entre doutes sur Hollande et improbable "plan B"

reuters.com

Publié le 24 octobre 2016 à 16:59 - Mis à jour le 24 octobre 2016 à 17:00

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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - A six mois du premier tour de l'élection présidentielle, le malaise grandit au Parti socialiste, où une éventuelle candidature de François Hollande soulève un scepticisme croissant, sans qu'émerge pour autant un "plan B" crédible.

Le doute était palpable dans les propos tenus lundi par le premier secrétaire du PS, qui a évoqué l'hypothèse d'une candidature de Manuel Valls, au cas où le président sortant jetterait l'éponge.

"C'est celui sûrement qui a aujourd'hui le plus de possibilités mais il y a d'autres candidats possibles", a dit Jean-Christophe Cambadélis, citant "quatre ou cinq personnalités".

Preuve s'il en fallait que les divisions restent profondes au PS, l'appel à l'unité lancé samedi par le Premier ministre a été repoussé d'emblée par Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, ex-ministres candidats à la primaire socialiste de janvier. et

"Le casse-tête absolu pour le PS c'est qu'il n'y a pas de candidat idéal mais surtout pas de candidat rassembleur", analyse François Miquet-Marty, de l'institut de sondages Viavoice. "Si François Hollande renonce, il n'y pas l'évidence d'une autre candidature."

PERSONNE N'ÉMERGE

La tempête née de la publication d'un livre de "confidences" de François Hollande à des journalistes n'a guère modifié le paysage à gauche, entre un président impopulaire et une offre abondante - y compris hors PS, avec Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron - dont personne n'émerge vraiment.

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"Les derniers sondages ne font état d'aucun bouleversement majeur : pas d'effondrement de François Hollande, pas de dynamique de Manuel Valls, ni d'Emmanuel Macron", indique François Miquet-Marty.

L'ancien ministre de l'Economie, qui a lancé son mouvement "En marche" avant de démissionner du gouvernement, ne dira qu'en décembre ou janvier ses intentions pour 2017.

Soit bien après la primaire de la droite des 20 et 27 novembre et, surtout, longtemps après l'annonce des intentions de François Hollande, attendue début décembre.

En coulisses, le président a eu fort à faire ces derniers jours pour calmer la colère de socialistes effarés de voir un président s'épancher dans un livre "ni fait ni à faire", selon une formule de Jean-Christophe Cambadélis, intitulé "Un président ne devrait pas dire ça...".

Déterminé à aller "jusqu'au bout", le chef de l'Etat a dit qu'il s'expliquerait "le moment venu". En attendant, "ce qui compte, c'est ce que j'ai fait et ce que je dis", a-t-il affirmé.

Si personne ne redoute l'influence d'un livre politique "à 50 kilomètres des tours de Notre-Dame", selon une formule d'un proche, ce dernier reconnaît que "cela n'arrange rien à une situation qui était déjà compliquée".

"Le livre n'a pas un impact déterminant sur l'opinion mais il cristallise des incertitudes, c'est un point d'accroche pour la contestation", reconnaît une ministre.

"QU'IL METTE SES TRIPES SUR LA TABLE"

Comme de nombreux ténors socialistes, elle invite François Hollande, rassembleur de par sa simple fonction, à "parler aux Français". "Il faut qu'il mette ses tripes sur la table. Qu'il dise 'voilà ma vérité, mes convictions'", dit-elle.

"Je voudrais que quand il parle, on l'écoute !", ajoute cette fidèle, invitant le chef de l'Etat à se déclarer au plus vite, "car accélérer permettrait d'arrêter la danse de Saint-Guy des candidats potentiels s'il n'y va pas".

Un ami de François Hollande prédit un "grand moment de vérité dans les 50 jours qui viennent."

"On va voir s'il a la capacité à rebondir, en chef de guerre. Il a pris un coup avec le livre mais je pense que le challenge commence à l'intéresser", assure-t-il .

Si François Hollande est candidat, se dressera alors l'obstacle de la primaire socialiste de fin janvier, à laquelle se présente notamment l'ex-ministre Arnaud Montebourg dans une position favorable selon certains sondages.

"Toutes les primaires sont dangereuses", prévient un ministre. "Vous pouvez avoir une expression de colère favorable à Arnaud Montebourg."

Dans tous les cas de figures, les chances d'accéder au second tour de l'élection présidentielle sont extrêmement minces pour un Parti socialiste au bord de la crise de nerfs.

François Miquet-Marty voit de "l'ironie dans cette primaire à gauche où beaucoup ont à perdre et peu ont à y gagner."

"On a une situation bloquée avec des tensions qui s'accroissent. Soit la glaciation demeure, et les rancoeurs la facilitent, soit les socialistes arrivent à dépasser tout ça", résume-t-il. "Soit tout le monde est indifférent et c'est un suicide collectif soit des recompositions ont lieu."

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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