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La défiance envers Hollande éclipse le bilan du quinquennat

reuters.com

Publié le 27 octobre 2016 à 15:25 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:17

Le bilan du quinquennat hollande terni par le scepticisme

Le bilan du quinquennat hollande terni par le scepticisme

© Charles Platiau / Reuters

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04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - C'est le paradoxe, inédit dans la Ve République, de cette fin de quinquennat : la candidature du président sortant à sa propre succession est violemment contestée dans son propre camp, rendant inaudible le discours sur le bilan de sa politique.

Les dégâts provoqués par la publication de l'explosif ouvrage de deux journalistes "Un président ne devrait pas dire ça..." ont compromis le travail de fourmi entamé il y a des mois pour défendre les acquis du mandat de François Hollande.

Baisse du chômage sur l'année 2016, comblement du "trou" de la Sécurité sociale, relèvement de la note de la France par l'agence Standard and Poor's, poursuite des opérations militaires sur le théâtre irako-syrien, évacuation dans le calme du camp de migrants de Calais : autant d'avancées qui n'ont pas empêché le président de descendre à 4% de bonnes opinions dans un sondage publié cette semaine.

"C'est toute la contradiction de la situation, c'est l'effet paradoxal : le président de la République vit le moment sondagier et médiatique le plus difficile de son quinquennat, et il a les résultats les plus probants de son quinquennat", résumait mercredi sur LCP le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.

La crise politique provoquée par les "confidences" du chef de l'Etat, "ça ne facilite pas le travail dans un moment où précisément les Français pouvaient observer que les engagements, les prises de position, les décisions prises par le président portaient leurs fruits", déplorait-il.

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"QUI VA ALLER SE MOUILLER POUR LUI?"

Preuve que l'émotion n'est pas retombée au PS, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, décrit dans le livre comme dépourvu d'un "charisme considérable", a refusé d'assister au discours de François Hollande sur le centenaire de la naissance de François Mitterrand, mercredi au musée du Louvre.

Le quatrième personnage de l'Etat l'a fait savoir par son entourage, sévère à l'égard du président. "Hollande joue la montre en disant 'institutionnellement je suis maître du temps'. Mais il n'est pas le maître des électeurs", dit un proche. "Qui va faire la campagne ? Je sais qu'en Seine-Saint-Denis, les gens ne veulent pas distribuer pour lui".

Certains ministres ne sont pas moins déprimés.

"Maintenant, il y a le gouvernement et le président. On n'a pas mérité ça", juge l'un d'eux. "Les 'hollandais' ne peuvent plus maquiller la vérité. Qui va aller se mouiller pour lui à la primaire, qui va aller s'épuiser pour lui ?"

Invité à "s'expliquer" par nombre de ténors du PS, François Hollande s'est montré imperturbable mercredi au Louvre, où il a prononcé un discours à double sens sur la difficulté de gouverner malgré les "critiques" et les "outrages", subis avant lui par François Mitterrand.

Jeudi matin, il a défendu son bilan devant les artisans, et devait faire de même en fin d'après-midi sur le thème des banlieues, qui avaient massivement voté pour lui en 2012.

En attendant le choix du président quant à une éventuelle candidature, début décembre, les prétendants fourmillent pour récupérer les faveurs d'une gauche déboussolée, malgré les très minces chances de victoire l'an prochain.

Les ex-ministres Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, candidats à la primaire du PS en janvier, ont rejeté l'appel à l'unité lancé samedi le Premier ministre Manuel Valls, qui se pose lui aussi en recours.

Egalement sortis du bois, leur ancien collègue Emmanuel Macron et le candidat de "La France insoumise", Jean-Luc Mélenchon, font de bons scores dans les sondages d'opinion.

Le premier n'a toutefois pas encore fait acte de candidature, et le second pas réuni les signatures requises pour être officiellement dans la course.

"ALLER AU CHARBON"

Le bal des prétendants a aussi convié Ségolène Royal et Christiane Taubira, deux ex-candidates malheureuses à l'élection présidentielle.

"On cherche quelqu'un pour se sacrifier (...) Si c'était gagnable, on ne viendrait pas me chercher", a ironisé la ministre de l'Environnement.

De l'avis d'une de ses collègues, "Ségolène Royal peut rassurer les écologistes" tout en étant "la seule à avoir une proximité absolue avec Hollande. Elle le protège".

Quant à l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira, certains la considèrent comme la seule à même de "rassembler le PS, et d'éviter un éclatement avant les élections" mais elle a dit de ne pas vouloir franchir le pas.

Poussé par ses proches et posé comme une hypothèse par Jean-Christophe Cambadélis, Manuel Valls s'affiche en garant de "l'espérance de la gauche", prêt à déjouer les "pronostics".

Une candidature du Premier ministre dans un contexte aussi éruptif peut être considérée comme risquée, voire sacrificielle pour un homme qui n'a jamais caché son ambition présidentielle.

Un député socialiste ayant déjà intériorisé un échec en 2017 la juge toutefois possible pour un homme dont la "personnalité le pousse à aller au charbon".

"S'il est juste le Premier ministre d'un président battu, il se 'fillonise'", analyse-t-il, en référence à l'ancien Premier ministre de l'ex-président Nicolas Sarkozy, François Fillon.

"Mais s'il reprend le drapeau laissé à terre, il est celui qui fera une proposition à gauche, celui qui préempte la case d'après, il peut faire une défaite honorable".

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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