Le retrait de Qalibaf renforce le camp conservateur en Iran
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par Bozorgmehr Sharafedin
LONDRES (Reuters) - Le maire de Téhéran, Mohammad Baqer Qalibaf, a retiré lundi sa candidature à l'élection présidentielle en Iran, apportant son soutien à Ebrahim Raisi et renforçant le camp conservateur à quatre jours du premier tour du scrutin.
Le président sortant, Hassan Rohani, qui brigue un second mandat de quatre ans, sera donc opposé vendredi dans les urnes à quatre autres candidats, essentiellement des conservateurs.
"Je dois prendre une décision importante pour maintenir l'unité des forces révolutionnaires (...). Je demande à l'ensemble de mes partisans, à travers le pays, d'aider autant qu'ils le peuvent (...) M. Ebrahim Raisi à remporter l'élection", a expliqué le maire de Téhéran.
Mohammad Baqer Qalibaf et Ebrahim Raisi, un religieux chiite juriste de profession, menaient campagne sur le même axe, attaquant le bilan économique du président Rohani et sa politique diplomatique d'ouverture vers les pays occidentaux. Le maintien de leurs deux candidatures aurait contribué à diluer les voix de l'électorat conservateur.
"Je suis très reconnaissant", a réagi Ebrahim Raisi, qui a appris son retrait en plein discours électoral à Shiraz. "Il a fait un acte révolutionnaire", a-t-il ajouté. Les deux hommes apparaîtront côte à côte au lors d'un meeting ce mardi à Téhéran.
L'aile radicale du camp conservateur, qui entend mettre en échec le président en place, a également accordé sa confiance à Ebrahim Raisi.
Lors d'un débat télévisé vendredi marqué par la virulence des échanges entre candidats, Hassan Rohani avait accusé le maire de Téhéran, ancien commandant des Gardiens de la révolution et ex-chef de la police, d'être un voyou s'étant vanté d'avoir personnellement défié de jeunes manifestants.
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UNE FIGURE DE L'OPPOSITION IRANIENNE APPELLE À VOTER ROHANI
Le président sortant a en revanche enregistré lundi le soutien du réformiste Mehdi Karoubi, une figure de l'opposition iranienne qui est assigné à résidence depuis 2011 après avoir appelé ses partisans à manifester en soutien aux soulèvements du "printemps arabe".
Mehdi Karoubi a demandé à tous les Iraniens de participer à l'élection et de préserver le processus démocratique en choisissant leur candidat préféré, mais lundi, il a bien précisé: "Je voterai Rohani", pouvait-on lire sur Saham News, site internet officiel de son parti politique.
Mehdi Karoubi et un autre réformiste, Mirhossein Moussavi, ont été candidats à l'élection présidentielle de juin 2009 et sont devenus les figures de proue du mouvement de contestation contre le résultat de ce scrutin, considéré comme truqué par le camp réformateur.
Hassan Rohani a remporté l'élection présidentielle de 2013 avec 51% des voix dès le premier tour, en promettant de sortir l'Iran de son isolement diplomatique et de mettre un terme à la résidence surveillée des chefs de l'opposition.
Il a conclu en juillet 2015 un accord avec les puissances du P5+1 (Chine, Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne + Allemagne), par lequel la majeure partie des sanctions internationales visant l'Iran ont été levées en échange de concessions iraniennes sur son programme nucléaire.
La principale inquiétude d'Hassan Rohani porte aujourd'hui sur le risque d'abstention d'une partie de ses électeurs d'il y a quatre ans, qui semble aujourd'hui gagné par la désillusion.
La stagnation économique et la lenteur des réformes sociales pèsent sur son bilan.
Si aucun candidat ne remporte la majorité absolue lors du premier tour de l'élection, un second tour aura lieu le 26 mai prochain.
(avec Parisa Hafezi à Ankara; Eric Faye et Hélène Dauschy pour le service français, édité par Henri-Pierre André)
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