Visé par une enquête, le président brésilien exclut de démissionner
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Temer exclut de demissioner
UESLEI MARCELINO
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Temer exclut de demissioner
UESLEI MARCELINO
par Anthony Boadle et Ricardo Brito
SAO PAULO (Reuters) - Le président brésilien Michel Temer a exclu de démissionner jeudi après l'ouverture d'une enquête de la Cour suprême à la suite d'informations l'accusant d'avoir approuvé le versement d'un pot-de-vin à un témoin clé dans l'affaire Petrobras afin qu'il reste silencieux.
Dans une allocution télévisée de cinq minutes, Michel Temer a assuré ne rien avoir fait d'illégal et se féliciter de l'ouverture d'une enquête car ainsi, il pourrait faire la démonstration de son innocence.
"Je n'ai acheté le silence de personne", a dit Temer en ajoutant: "Je ne démissionnerai pas!"
Les accusations fragilisent la position du président tout en amenuisant les chances de voir ses mesures d'austérité adoptées par le Congrès brésilien, ce qui a fait chuter l'indice phare de la Bourse brésilienne, le Bovespa qui a été perdre jusqu'à 10% tandis que la monnaie brésilienne chutait de 7%.
Le chef de l'Etat a reconnu avoir rencontré en mars l'homme d'affaires en question, le président du groupe agroalimentaire JBS SA, numéro un mondial du conditionnement de viande, Joseley Batista. Mais Michel Temer nie avoir donné son feu vert à toute initiative visant à empêcher de témoigner l'ancien président de la Chambre des députés Eduardo Cunha.
Il assure que son attitude pendant l'entretien n'a pas "compromis" sa fonction présidentielle.
La conversation, enregistrée par Joseley Batista, a été rendue publique jeudi et semble ne contenir aucune preuve explosive à l'encontre du chef de l'Etat.
Il s'agit cependant d'une seule pièce communiquée par Batista aux procureurs et d'autres éléments pourraient être prochainement diffusés.
Après avoir entendu la bande audio, Michel Temer est plus résolu que jamais à se battre, a dit un de ses porte-parole.
L'enregistrement montre qu'il n'a pas approuvé l'achat du témoin Eduardo Cunha, un ancien proche de Temer condamné pour corruption, a déclaré ce porte-parole, Marcio de Freitas.
Le fait que la Cour suprême, qui a vu tous les éléments présentés par Joseley Batista, autorise l'ouverture d'une enquête signifie cependant sans doute que d'autres éléments pourraient impliquer le chef de l'Etat.
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Des manifestations rassemblant quelques centaines de personnes ont eu lieu jeudi soir ans plusieurs villes pour réclamer le départ du chef de l'Etat. D'autres rassemblements sont prévus ce week-end.
VENT DE PANIQUE
Parallèlement, la police fédérale approfondit son enquête dans la vaste opération anti-corruption "Lava Jato" (Lavage rapide) et resserre son étau autour de l'entourage du président Temer, arrivé au pouvoir à la faveur de la chute de la présidente Dilma Rousseff, issue du Parti des travailleurs (PT, gauche).
Des policiers ont perquisitionné au domicile du député Rodrido Rocha Loures, ami de longue date du président et membre de la même formation politique, le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB). Rodrido Rocha Loures est accusé d'avoir reçu des pots-de-vin au nom de Michel Temer, ce qu'il réfute.
Si certains alliés de Michel Temer continuaient, jeudi, de le défendre, d'autres ne cachaient pas leur désarroi.
"Le gouvernement va continuer de travailler", a promis Darcisio Perondi, l'un des chefs de file du PMDB à la chambre basse du parlement brésilien. "Nous allons attendre la publication de ces enregistrements. Nous travaillons sur une stratégie qui permette de maintenir le cap des réformes."
De source parlementaire, on rapporte toutefois qu'un vent de panique souffle sur le Congrès où "personne ne sait quoi faire ni ce qu'il va se passer."
Depuis le déclenchement de l'opération Lava Jato, plus de 90 hommes d'affaires et responsables politiques ont été reconnus coupables et des dizaines de parlementaires et un tiers du gouvernement de Michel Temer sont visés par l'enquête. L'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva est lui-même concerné par pas moins de cinq procédures.
Michel Temer a déjà été cité dans un témoignage et accusé de financement illégal de campagne électorale.
Pour ces faits présumés, il semble à l'abri des poursuites judiciaires aussi longtemps qu'il sera en poste, un procureur fédéral ayant estimé qu'il bénéficiait d'une immunité pour les faits commis avant son entrée en fonction.
Il pourrait toutefois ne pas pouvoir se servir de cette immunité pour les faits évoqués par O Globo, ces derniers ayant été commis après son arrivée à la présidence brésilienne.
(Nicolas Delame, Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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