Robert Mueller, un ancien du FBI au coeur de l'imbroglio russe
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Robert mueller, un ancien du fbi au coeur de l'imbroglio russe
JONATHAN ERNST
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Robert mueller, un ancien du fbi au coeur de l'imbroglio russe
JONATHAN ERNST
par Mark Hosenball et Lawrence Hurley
WASHINGTON (Reuters) - Le procureur Robert Mueller, ancien directeur du FBI réputé pour son indépendance dans les enquêtes sensibles touchant aux plus hautes sphères du gouvernement américain, a accepté un nouveau défi de taille, celui de mener l'enquête sur l'ingérence présumée de la Russie dans la campagne électorale de 2016, qui menace aujourd'hui jusqu'à la présidence de Donald Trump.
Agé de 72 ans, Robert Mueller a été nommé par le numéro deux du département de la Justice, l'Attorney General adjoint Rod Rosenstein. Il mènera ses investigations parallèlement au FBI et au Congrès, qui ont déjà lancé leurs propres enquêtes.
Donald Trump a nié à maintes reprises toute collusion entre son équipe de campagne et le Kremlin et critiqué la désignation d'un procureur spécial, l'assimilant à une "chasse aux sorcières".
"Il n'y a pas de collusion entre moi, ma campagne et la Russie. Zéro", a répété le président américain jeudi lors d'une conférence de presse, en ajoutant : "Mais je ne peux parler que pour moi-même."
Robert Mueller, de son nom complet Robert Mueller III, qui lui vaut le surnom de "Bobby Trois Bâtons", est respecté dans les rangs démocrates aussi bien que républicains.
Directeur du FBI de 2001 à 2013, il a soigneusement évité les controverses politiques même s'il est monté au créneau en 2004 en compagnie de James Comey, alors Attorney General adjoint, pour dénoncer la volonté de la Maison blanche de relancer un programme d'écoutes jugé contraire à la Constitution par le département de la Justice.
Dans son rôle de procureur spécial, il aura toute latitude pour conduire les investigations là où il le souhaite et s'appuyer sur les moyens d'enquête du département de la Justice, explique Jack Sharman, un procureur qui a joué ce rôle de "special counsel" en 1995, lors du scandale Whitewater sous la présidence de Bill Clinton.
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D'autres précédentes enquêtes de ce type ont fourni la preuve de leur indépendance et de leur autonomie vis-à-vis du pouvoir politique.
En 2003, le procureur fédéral de Chicago Patrick Fitzgerald avait été nommé pour enquêter sur les fuites ayant permis de révéler au public l'identité de Valerie Plame, une employée de la CIA dont le mari avait critiqué la politique de George W. Bush. Il avait inculpé et fait condamner Lewis "Scooter" Libby, un conseiller du vice-président Dick Cheney.
Robert Luskin, un avocat de Washington qui avait défendu à l'époque le conseiller politique de Bush Karl Rove, a salué le choix de Robert Mueller, qu'il a qualifié de "bon" et "crédible".
DE LOCKERBIE À NORIEGA
Nommé à la tête du FBI une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001, Mueller est crédité d'avoir transformé le Bureau fédéral d'enquête après les failles révélées par les attaques, en augmentant les moyens consacrés à la lutte antiterroriste et en améliorant la coopération avec les autres agences.
Avant de prendre la tête de la police fédérale, il avait dirigé la division criminelle du département de la Justice. Il avait notamment supervisé l'enquête sur l'attentat de Lockerbie et les investigations sur les liens entre l'ex-dictateur panaméen Manuel Noriega et le trafic de drogue.
Mueller a dirigé le FBI pendant douze ans ans sous les présidences de George W. Bush et Barack Obama, de 2001 à 2013.
Il travaillait plus récemment pour un grand cabinet d'avocats de Washington, Wilmer Hale, qui représente la fille de Donald Trump, Ivanka, et son gendre Jared Kushner, ainsi que Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Trump qui entretenait des liens avec la Russie.
Mueller a quitté Wilmer Hale cette semaine mais une clause éthique du département de la Justice l'empêche théoriquement d'enquêter pendant un an sur tout client représenté par son ancien cabinet.
Le procureur spécial pourrait soit obtenir une dérogation auprès du ministère ou se récuser de toutes les investigations concernant ses anciens clients, en les confiant à son adjoint.
Richard Painter, ancien conseiller éthique sous l'administration de George W. Bush et adversaire déclaré de Donald Trump, estime que Robert Mueller ne devrait pas avoir de problème pour obtenir une dérogation.
(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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