En parlant d'action militaire, Trump fait un cadeau à Maduro
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En parlant d'action militaire, trump fait un cadeau a maduro
JONATHAN ERNST
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En parlant d'action militaire, trump fait un cadeau a maduro
JONATHAN ERNST
par Hugh Bronstein
CARACAS (Reuters) - Donald Trump, en menaçant le Venezuela d'une intervention militaire, a fait sans le vouloir un cadeau à Nicolas Maduro.
Le président vénézuélien pour justifier nombre de ses décisions politiques n'a de cesse, comme son prédécesseur et mentor Hugo Chavez, de faire vibrer la fibre nationaliste face aux menaces supposées de "l'impérialisme" américain.
Depuis l'éclatement en avril de l'actuelle crise, qui a fait plus de 120 morts et plongé le pays dans le chaos, il a invité ses compatriotes à serrer les rangs derrière le pouvoir afin d'éviter que les Etats-Unis ne viennent piller les richesses pétrolières du pays - les plus importantes de la planète.
L'opposition a toujours jugé ridicule de la part du pouvoir en place de brandir de pareilles menaces de guerre économique, disant que le Venezuela n'est pas le Cuba de la Guerre froide.
Ridicule ? Jusqu'aux propos tenus vendredi par le président des Etats-Unis.
"Trump en fait a offert un beau cadeau à Maduro", résume Luis Alberto Rodriguez, un avocat de la classe aisée de Caracas. "Ça justifie la théorie nationaliste du complot selon laquelle les Gringos vont nous attaquer. Maduro a utilisé à fond cette rhétorique, et Chavez avant lui, et cela leur a bien servi".
RHÉTORIQUE GUERRIÈRE
Les partisans du pouvoir se sont engouffrés dans la brêche ouverte par les propos de Donald Trump, accusant plus que jamais les dirigeants de l'opposition d'être les "laquais" de Washington.
Et la rhétorique guerrière est montée d'un cran.
Le fils du président Maduro, qui s'appelle aussi Nicolas, a invité Doanld Trump à se mêler de ce qui le regarde avant de dire : "Si le Venezuela était attaqué, des fusils arriveraient à New York, M. Trump. Et nous prendrions la Maison blanche".
L'opposition, vent debout contre l'Assemblée constituante élue le 30 juillet qu'elle considère comme une institution au service d'un pouvoir autocratique, voire dictatorial, a rejeté dimanche les menaces extérieures contre le pays, sans citer nommément Donald Trump.
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Elle se trouve désormais, comme certains pays d'Amérique latine dont notamment le Pérou, dans une situation inconfortable.
"Tous ces pays qui mardi dernier ont signé une déclaration dénonçant la dérive autocratique de Maduro se voient aujourd'hui contraints de critiquer les déclarations de Trump", relève David Smilde, du Washington Office on Latin America, un groupe de réflexion sur l'Amérique latine.
"Maduro n'aurait pas pu rêver meilleur cadeau de la part de Trump. Ses théories du complot, toutes plus improbables les unes que les autres, s'en trouvent confortées", ajoute-t-il.
(Avec Eyanir Chinea et Deisy Buitrago, Gilles Trequesser pour le service français)
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