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Rentrée périlleuse pour Macron et le gouvernement

reuters.com

Publié le 24 août 2017 à 12:35 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 02:03

Rentree perilleuse pour macron et le gouvernement

Rentree perilleuse pour macron et le gouvernement

© Reuters Photographer / Reuters

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par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Les prochaines semaines seront périlleuses pour Emmanuel Macron et le gouvernement, qui affronteront leur premier mouvement social et annonceront d'importantes économies pour financer des mesures parfois controversées comme la transformation de l'ISF.

Le report à l'automne 2018 d'une partie des gains de pouvoir d'achat promis aux salariés, à travers la baisse des cotisations sociales, est un signal négatif supplémentaire illustrant la pression budgétaire qui s'exerce sur l'exécutif.

"C'est évidemment une rentrée compliquée pour Emmanuel Macron et il est attendu sur le dur, pas sur le statut de la première dame ou sur des effets de communication dont il a peut-être tendance à abuser", explique Gaël Sliman, président de l'institut de sondages Odoxa.

"Les vraies difficultés arrivent, les vrais risques de rupture avec l'opinion publique se présentent", ajoute cet analyste, selon qui les Français rejettent massivement le plafonnement envisagé des indemnités prud'homales et la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) le 1er janvier.

Le président a déjà vu sa popularité chuter, après une polémique née du rabotage du budget de la Défense et l'annonce de la baisse de cinq euros par mois des aides au logement pour tenir l'engagement de déficits publics inférieurs à 3% du PIB.

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"Évidemment que ce n'est pas intelligent", a admis jeudi le Premier ministre, Edouard Philippe, à propos de ces aides. "Les mesures de rabot, ce n'est jamais de bonnes mesures, ce n'est jamais intelligent de faire du rabot."

MISES EN GARDE

Avant la rentrée du gouvernement lors d'un séminaire lundi prochain, François Hollande et François Bayrou ont mis leur grain de sel et lancé des mises en garde au chef de l'Etat.

"Il ne faudrait pas demander des sacrifices aux Français qui ne sont pas utiles", a dit l'ancien président, dont Emmanuel Macron fut le conseiller puis le ministre de l'Economie.

"Il ne faudrait pas flexibiliser le marché du travail au-delà de ce que nous avons déjà fait, au risque de créer des ruptures", a-t-il ajouté.

Ephémère ministre de la Justice d'Emmanuel Macron, François Bayrou s'est quant à lui inquiété du manque de "direction" de l'action du nouveau président.

Face aux flottements qui pourraient se transformer en crispations, l'exécutif aura besoin du soutien des députés de la majorité et du parti La République en marche, dont les premiers pas à l'Assemblée nationale ont été ponctués de maladresses.

Première force d'opposition, la droite prépare pour sa part sa riposte sur fond de bataille pour la présidence des Républicains.

La prochaine grande étape sera la présentation le 31 août des ordonnances modifiant le droit du travail, dont le contenu pourrait décider certains syndicats à emboîter le pas à la CGT, qui appelle à manifester le 12 septembre.

Sans attendre cette date, le syndicat Solidaires compte déclencher une première salve en marge de l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines), le 30 août.

La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon organise quant à elle une journée d'action le 23 septembre et les principaux syndicats étudiants, Fage et Unef, n'excluent pas de manifester.

Emmanuel Macron et Edouard Philippe sont montés au front mercredi et jeudi pour défendre la réforme du Code du travail, la plus sensible du début du quinquennat.

"Ce n'est pas la destruction des droits sociaux. C'est donner la possibilité d'avoir une économie qui s'adapte aux cycles, aux réalités d'un secteur, à ses défis, et non pas une rigidité qui vient conduire notre économie à casser à certains moments", a dit le chef de l'Etat.

Edouard Philippe a par ailleurs annoncé qu'environ les deux tiers de la baisse de cotisations promise aux salariés seront effectifs dès le 1er janvier 2018.

20 MILLIARDS D'EUROS D'ÉCONOMIES

La baisse des budgets en cours d'exercice, le rabotage des aides au logement, le gel du point d'indice des fonctionnaires et le rétablissement pour eux d'un jour de carence ou le report à l'automne d'une partie de la baisse des cotisations ne sont qu'un avant-goût des mesures d'économies à venir.

L'exécutif présentera fin septembre les projets de budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale, dans lesquels il prévoit de réaliser une vingtaine de milliards d'euros d'économies.

L'objectif est de stabiliser le niveau de la dépense publique hors inflation, ce qui implique des coupes importantes pour effacer la progression naturelle de certaines dépenses.

Emmanuel Macron a fait de la sortie de la France de la procédure européenne de déficit excessif une priorité car cette situation affecte la crédibilité du pays et donc la capacité du chef de l'Etat à mener les réformes qu'il prône pour l'Europe.

Cela suppose de ramener le déficit public, qui agrège les comptes de l'Etat, des administrations de sécurité sociale et des collectivités locales sous le seuil de 3% du PIB deux années de suite, ce qui serait une première depuis 2006-2007.

Après la réforme du droit du travail doivent être engagées celles de l'assurance chômage et des retraites, deux autres projets à risque.

Selon l'Elysée, le chef de l'Etat envisage de s'exprimer publiquement prochainement.

"Emmanuel Macron a intérêt à fuir les magazines people et les couvertures de Paris Match et à se positionner sur les critères sur lesquels il est jugé très compétent, c'est-à-dire l'économie", estime Gaël Sliman.

Il recommande au chef de l'Etat de "montrer qu'il s'occupe des questions majeures pour les gens, comme celle du chômage".

Selon un sondage Elabe publié mercredi, un Français sur deux estime qu'il est encore trop tôt pour se prononcer sur l'action du chef de l'Etat, 14% la jugeant satisfaisante et 36% décevante.

(Edité par Emmanuel Jarry)

reuters.com

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