Combats et exodes continuent dans le nord-ouest de la Birmanie
reuters.com

Combats et exodes continuent dans le nord-ouest de la birmanie
Mohammad Ponir Hossain
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Combats et exodes continuent dans le nord-ouest de la birmanie
Mohammad Ponir Hossain
RANGOON/COX'S BAZAR, Bangladesh (Reuters) - Des milliers de villageois non musulmans ont été évacués de l'Etat de Rakhine, dans le nord-ouest de la Birmanie, où une offensive lancée vendredi par des rebelles rohingyas a fait au moins 98 morts, a annoncé dimanche le gouvernement birman.
Des milliers de Rohingyas ont dans le même temps franchi la frontière avec le Bangladesh pour échapper aux violences.
Les combats les plus durs se déroulent près de la ville de Maungdaw, ont précisé le gouvernement et des habitants. Ils ont déjà fait 98 morts, dont 80 rebelles et 12 membres des forces de sécurité, selon un bilan officiel.
L'attaque coordonnée de commissariats de police et d'une base de l'armée birmane a été revendiquée par l'Armée du Salut des Rohingyas de l'Arakan (ASRA), qui a engagé des centaines de combattants dans la bataille.
L'Etat de Rakhine, le seul à abriter une importante minorité musulmane dans un pays très majoritairement bouddhiste, est le théâtre depuis des années de tensions ethnico-religieuses. Les forces de sécurité birmanes y ont été accusées de nombreuses violations des droits de l'homme et la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, ancienne prix Nobel de la paix, critiquée pour son silence.
L'accès à la région est particulièrement difficile pour les journalistes, mais des reporters de Reuters présents dimanche à la frontière côté bangladais ont dit entendre des échanges de tirs sur l'autre berge de la rivière Naf, que des réfugiés rohingyas, surtout des femmes et des enfants, continuaient à franchir.
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Les connaisseurs de la région soulignent que l'ampleur des combats s'apparente davantage à un soulèvement qu'à une simple attaque rebelle, ce qui semble aussi être l'avis de l'armée birmane.
"Tous les villageois sont devenus des insurgés, cela ressemble à une révolution", dit-on de source militaire sur le terrain. "Ils n'ont pas peur de mourir. On ne peut pas dire qui est insurgé et qui ne l'est pas."
(Wa Lone à Rangoun et Ruma Paul à Cox's Bazar; Tangi Salaün pour le service français)
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