Des militants anglophones remis en liberté au Cameroun
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YAOUNDE (Reuters) - Plusieurs dizaines de militants appartenant à la communauté anglophone ont été libérés vendredi au Cameroun, un pays majoritairement francophone où le gouvernement s'efforce d'apaiser les tensions dans certaines régions en proie à des troubles.
Le président Paul Biya a ordonné mercredi à la cour martiale d'abandonner toute charge contre les accusés, qui avaient été arrêtés à la suite d'un mouvement de protestation mené par des anglophones demandant à être traités sur un pied d'égalité.
Une cinquantaine de personnes, qui étaient détenues dans deux prisons de Yaoundé, ont été remises en liberté dans la nuit de jeudi à vendredi et accueillies par des membres de leur famille et des journalistes.
Parmi eux, figurent Felix Agbor Balla et Fontem Aforteka'a Neba, qui avaient été arrêtés en janvier et restaient en détention en vertu d'une législation antiterroriste adoptée à l'origine dans le cadre de la lutte contre le groupe djihadiste Boko Haram.
Les deux militants, qui avaient plaidé non coupable en février dernier des chefs d'"hostilité à la patrie", "sécession" ou de "guerre civile", étaient passibles de la peine de mort.
Leur sort a alimenté le ressentiment dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest contre le gouvernement de Paul Biya, dominé par la majorité francophone du pays.
Les services du président ont justifié la décision de mercredi par la volonté de trouver "une solution pacifique à la crise".
D'autres figures de la minorité anglophone sont cependant restées en prison, comme l'animateur de radio Mancho Bibixy, leur dossier devant être réexaminé à la fin du mois.
Le Cameroun est composé de dix régions, dont deux régions anglophones dans le nord-ouest et le sud-ouest, le reste étant francophone.
(Josiane Kouagheu, Simon Carraud pour le service français)
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