Rohingya: Des pays musulmans font pression sur Aung San Suu Kyi
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Pres de 125.000 rohingya ont fui au bangladesh
MOHAMMAD PONIR HOSSAIN
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Pres de 125.000 rohingya ont fui au bangladesh
MOHAMMAD PONIR HOSSAIN
DACCA, (Reuters) - Des dirigeants de pays à majorité musulmane, dont le Bangladesh, l'Indonésie, la Turquie et le Pakistan, ont exhorté la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi à mettre fin aux violences contre les musulmans Rohingya après le départ de près de 125.000 d'entre eux vers le Bangladesh.
Les violences actuelles ont été provoquées par une offensive coordonnée de rebelles Rohingya contre des postes de police et de l'armée dans l'Etat d'Arakan, où les musulmans se disent depuis longtemps persécutés par les bouddhistes, majoritaires en Birmanie.
La contre-offensive des forces de sécurité a fait au moins 400 morts, dont des civils, et des milliers de maisons ont été incendiées.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié de "génocide" les violences contre les Rohingya et a proposé l'aide de la Turquie pour héberger les réfugiés.
Dans un entretien téléphonique avec la dirigeante birmane, il a discuté des possibles solutions pour mettre fin au conflit et de l'envoi d'aide humanitaire dans la région, apprend-on de source proche de la présidence turque.
Au terme de cette discussion, les autorités birmanes ont autorité une première livraison d'aide humanitaire, consistant en 1.000 tonnes de nourriture, de vêtements et de médicaments, prévue mercredi dans le nord-ouest du pays, a annoncé Ibrahim Kalin, un porte-parole du président Erdogan.
La ministre indonésienne des Affaires étrangères s'est dit prête à aider les autorités bangladaises lors d'une visite mardi à Dacca, la capitale du Bangladesh.
"Nous allons continuer à discuter des moyens d'alléger le fardeau qui pèse sur le gouvernement bangladais", a dit Retno Marsudi après sa rencontre avec la Première ministre bangladaise Cheikh Hasina.
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MAINTENIR LA PRESSION SUR LA BIRMANIE
Les autorités birmanes imputent ces exactions aux rebelles, qu'elles accusent d'être dirigés par des djihadistes étrangers, mais les réfugiés arrivés au Bangladesh affirment que l'armée a aussi brûlé des villages et tué des habitants pour contraindre les autres à partir.
Pour un responsable politique bangladais, les pays membres de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) doivent pousser la Birmanie à cesser toute violence.
"Si nous maintenons la pression sur la Birmanie de la part de l'Asean et de l'Inde, ce sera bon", a dit H.T. Imam, conseiller de Cheikh Hasina.
Le Premier ministre indien Narendra Modi devait d'ailleurs se rendre ce mardi en Birmanie, où il comptait rencontrer Aung San Suu Kyi.
Le Pakistan, qui compte une large communauté rohingya, regrette profondément les violences et appelle la communauté internationale et l'Organisation de la coopération islamique à réagir.
La Malaisie reproche au gouvernement birman d'avoir fait "très peu, voire aucun" progrès pour trouver une solution aux violences contre la minorité rohingya.
"Face à ces développements, la Malaisie croit que le sujet des violences et de la discrimination contre les Rohingya devrait être présenté devant une instance supérieure internationale", a dit le ministre des Affaires étrangères Anaih Aman.
La communauté Rohingya de Birmanie compterait environ 1,1 million de personnes. Les autorités birmanes ne reconnaissent pas leur citoyenneté et les qualifient de "résidents ethniques".
(Krishna N.Das, avec Simon Lewis et Nurul Islam à Cox's Bazar, Wa Lone à Rangoun et Ezgi Erkoyun à Istanbul; Arthur Connan pour le service français)
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