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Risque de transferts d'emplois vers la Chine avec l'électrique

reuters.com

Publié le 13 septembre 2017 à 14:22 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:58

Risque de transferts d'emplois vers la chine avec l'electrique

Risque de transferts d'emplois vers la chine avec l'electrique

Gleb Garanich

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Emma Thomasson, Georgina Prodhan et Gilles Guillaume

FRANCFORT (Reuters) - Tout miser sur les véhicules électriques peut nuire à l'industrie européenne des équipements automobiles avec, à la clef, le transfert d'un nombre important d'emplois vers la Chine, a estimé mercredi Roberto Vavassori, président de l'Association européenne des équipementiers automobiles (Clepa).

Les équipementiers, qui affirment représenter quelque cinq millions d'emplois en Europe, exhortent de ce fait les constructeurs automobiles et les responsables politiques à réfléchir à d'autres manières de réduire les émissions des véhicules, citant par exemple des moteurs à combustion plus efficaces ou des carburants synthétiques.

Selon Roberto Vavassori, se précipiter la tête la première vers les véhicules électriques équivaut à offrir des pans entiers d'activité à la Chine qui, avec le Japon et la Corée du Sud, domine le marché de la production de batteries pour de tels véhicules.

"Nous devons proposer une période de transition raisonnable, susceptible de nous empêcher de faire à nos amis chinois des cadeaux involontaires", a-t-il déclaré à l'occasion du 67e salon automobile de Francfort, estimant que les constructeurs européens payaient entre 4.000 et 7.000 euros à la Chine pour des batteries devant équiper chaque voiture électrique produite en Europe.

Presque deux ans jour pour jour après l'éclatement du scandale de manipulation des émissions de voitures diesel qui a secoué Volkswagen, l'édition 2017 du salon de Francfort est placée sous le signe de l'électrique avec nombre de constructeurs annonçant de vastes investissements en la matière.

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Les avancées technologiques dans les batteries et les préoccupations environnementales ont par ailleurs conduit des pays comme la France, la Grande-Bretagne et la Chine à envisager l'interdiction à moyen terme des voitures essence et diesel.

BAISSE DE RENTABILITÉ POUR LES CONSTRUCTEURS

S'exprimant également ce mercredi à Francfort, l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) propose une réduction supplémentaire de 20% en moyenne des émissions de dioxyde de carbone (CO2) d'ici 2030 dans le cadre de nouveaux objectifs de l'Union européenne actuellement en cours de définition.

L'ACEA a toutefois estimé qu'il faudrait attendre 2030 avant d'exiger un plein respect de ces réductions, ajoutant qu'elles devraient également être conditionnées par l'adoption plus massive par les consommateurs de véhicules électriques.

Lundi, Volkswagen a annoncé qu'il allait doubler ses investissements dans les voitures électriques pour les porter à plus de 20 milliards d'euros d'ici 2030, avec l'ambition de concurrencer Tesla sur le marché des véhicules propres grand public.

Daimler a dit de son côté que Mercedes-Benz proposerait une version électrique de chacun de ses modèles à partir de 2022, ajoutant que la marque Smart spécialisée dans les petites voitures urbaines allait pour sa part devenir entièrement électrique.

Mais la maison mère de Mercedes-Benz a également indiqué que la perte de rentabilité induite par le passage à l'électrique - du fait de la cherté des batteries - l'avait amenée à lancer un programme d'économies de quatre milliards d'euros d'ici 2024-2025.

La facture de la ruée vers l'électrique a d'ailleurs conduit Herbert Diess, président de la marque Volkswagen à appeler les acteurs industriels allemands et européens à partager avec le secteur automobile les coûts de développement des technologies utilisées pour les batteries.

Mais au-delà de cette mutualisation des forces, certains équipementiers appellent, au vu du retard de l'Europe sur la Chine dans les batteries, à envisager d'autres pistes que le tout électrique.

VALEO VOIT UN GRAND POTENTIEL DANS L'ÉLECTRIQUE

"Le problème c'est le caractère unilatéral du débat", a déclaré Volkmar Denner, président du directoire de Robert Bosch GmbH, premier équipementier automobile mondial.

Il a souligné que Bosch était en train d'optimiser l'efficacité énergétique des moteurs à combustion et que le groupe s'aventurait également dans les carburants de synthèse, censés être neutres en carbone et qui auraient l'avantage de pouvoir être utilisés dans les stations-essence et moteurs existants.

"Il s'agit d'une manière beaucoup plus rapide de limiter le réchauffement climatique mondial. Mais nous faisons cela en plus des véhicules électriques", a ajouté Volkmar Denner.

Faurecia a de son côté annoncé la signature d'un accord avec le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) afin de développer ensemble une pile à combustible pour l'automobile.

Les enjeux sont de taille puisque l'industrie automobile dans son ensemble représente environ 12,6 millions de postes dans l'Union européenne, soit quelque 5,7% du total des emplois dans la région.

Selon Jacques Aschenbroich, PDG de l'équipementier automobile français Valeo, le basculement vers l'électrique et l'hybride nécessite d'importants investissements pour l'industrie mais il représente aussi pour son groupe un très fort potentiel de croissance.

La question de la pérennité des emplois dans le secteur automobile est au coeur de la campagne législative en cours en Allemagne, où la chancelière Angela Merkel semble bien partie pour décrocher un quatrième mandat de suite à l'occasion du scrutin du 24 septembre.

Dans un entretien publié mardi par le Berliner Zeitung, Angela Merkel a dit ne pas être une "amie des interdictions". La veille, lors d'une émission télévisée, elle a dit que le secteur automobile devait être soutenu dans sa transformation.

Roberto Vavassori a souligné que l'Europe était à la traîne par rapport à la Chine dans la production de capteurs, de microprocesseurs et dans les batteries, notant que le fait de dépendre de ce pays n'était pas sans risque, compte tenu des incertitudes politiques.

"Nous avons besoin d'une production en Europe pour le véhicule du futur, sinon nous mettons toute l'Europe en péril", a-t-il ajouté.

(Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot)

reuters.com

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