La Turquie "trahie" par l'UE, qu'elle souhaite toujours intégrer
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La turquie "trahie" par l'ue, qu'elle souhaite toujours integrer
Reuters Staff
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La turquie "trahie" par l'ue, qu'elle souhaite toujours integrer
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LONDRES (Reuters) - La Turquie souhaite toujours intégrer l'Union européenne mais le gouvernement turc se sent trahi par les dirigeant européens qui ont dit vouloir mettre fin aux négociations d'adhésion, a déclaré jeudi le ministre turc des Affaires européennes, Omer Celik.
Les relations entre les Européens, Allemagne en tête, et la Turquie se sont nettement détériorées avec les accusations de dérive autoritaire portées contre le président turc depuis qu'il a réchappé à une tentative de coup d'Etat en juillet 2016.
La chancelière allemande Angela Merkel s'est prononcée au début du mois en faveur de l'arrêt des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.
A Bruxelles, la Commission européenne a observé qu'il appartenait aux Etats membres de l'UE de décider de la suite des négociations avec Ankara mais a également rappelé que Jean-Claude Juncker, le président de l'exécutif européen, avait déclaré que la Turquie s'éloignait à "pas de géant" de l'Europe.
Lors d'un entretien accordé à Reuters, Omer Celik s'est dit surpris par les propos du dirigeant de l'exécutif européen et s'est interrogé sur les efforts déployés par ce dernier pour améliorer les relations entre Ankara et Bruxelles.
"Nous avons été pris par surprise lorsque nous avons entendu les propos de M. Juncker", a déclaré Omer Celik. "Qu'a donc fait M. Juncker, quels pas de géant a-t-il faits pour trouver des solutions pour rapprocher l'UE et la Turquie. C'est la question que je pose à M. Juncker."
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"Nous sommes en effet déçus par Merkel et par d'autres dans l'UE: à un des moments les plus difficiles de notre histoire, nous avons été abandonnés par nos amis et alliés", a répondu Omer Celik à la question de savoir si la Turquie se sentait trahie.
Faute d'unanimité des Etats de l'Union, les négociations d'adhésion de la Turquie ne peuvent être formellement abandonnées, mais une majorité suffisante se dégage pour permettre de les suspendre.
"ILS ALIMENTENT LES TENSIONS AVEC NOUS POUR DISSIMULER LEURS PROBLÈMES INTERNES"
Omer Celik a proposé qu'un sommet des dirigeants de l'Union et de la Turquie soit organisé pour que les différentes parties améliorent leurs relations. "La Turquie n'a pas renoncé à son but de devenir membre à part entière de l'Union européenne. Nous sommes impatients et nous souhaitons trouver des solutions pour avancer."
Il a toutefois regretté que les plus hostiles à la Turquie, la chancelière Angela Merkel, notamment, n'aient pas tenu leurs promesses à l'égard d'Ankara et qu'elles utilisent la critique de la Turquie pour détourner l'attention des problèmes des difficultés traversées par l'UE.
"L'UE rencontre de véritables problèmes, nous ne savons pas ce que le Brexit va provoquer, ils sont incapables de gérer l'immigration illégale, il y a des fragilités dans les capacités antiterroristes européennes et des réformes sont vitales", a-t-il jugé. "Mais ils mettent tout cela de côté et ils alimentent les tensions avec la Turquie pour dissimuler leurs problèmes internes."
"Si l'Allemagne continue de donner des ordres aux institutions européennes, comme celui de mettre fin aux négociations avec la Turquie, les groupes racistes seront renforcés en Europe", a-t-il ajouté.
La question de la Turquie sera abordée en octobre lors d'un sommet organisé à Bruxelles, mais aucune décision formelle ne devrait être prise avant le printemps prochain.
(Guy Faulconbridge, Nicolas Delame pour le service français)
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