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Siemens Alstom pense franchir aisément l'obstacle de la concurrence

reuters.com

Publié le 27 septembre 2017 à 11:54 - Mis à jour le 27 septembre 2017 à 12:00

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par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Alstom s'est montré mercredi confiant dans sa capacité à s'entendre avec la Commission européenne pour résoudre les questions de concurrence découlant de son projet de fusion avec le pôle ferroviaire de l'allemand Siemens.

L'officialisation, mardi soir, de ce projet de rapprochement pour mieux lutter contre le géant chinois CRRC continue de favoriser Alstom en Bourse (+5,8% à 35,59 euros à 13h30 après un gain de 10,3% depuis la clôture mercredi dernier).

Son principal actionnaire Bouygues (+2,4%), qui profitera de l'occasion pour se désengager partiellement, domine l'indice CAC 40.

Siemens gagne 1,9% à Francfort.

"Ce qui rend cette opération attractive, ce sont les synergies annuelles de coûts prévues de 470 millions d'euros quatre ans après la clôture de l'opération", écrit Barclays dans une note, pour expliquer le bond de l'action Alstom. "Si elle réussit, cette opération devrait à notre avis créer une valeur notable pour les deux parties."

Henri Poupart-Lafarge, le PDG d'Alstom qui dirigera le futur Siemens Alstom, s'est dit bien conscient que la Commission européenne passerait au crible les implications d'une opération d'une telle taille sur la concurrence dans le Vieux Continent.

"Mais il n'y a pas de surprise non plus de notre côté : si nous suivons cette voie, c'est parce que nous sommes confiants dans le fait que nous trouverons une solution avec la CE", a-t-il dit aux analystes.

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Il a déclaré ne pas craindre trop de pertes de chiffre d'affaires à cause des éventuelles concessions sur le plan de la concurrence, prévoyant en revanche des synergies rapides sur les coûts d'approvisionnement et la recherche et développement.

PLUS 20 MILLIARDS D'EUROS DE REVENUS EN 2023

L'accès du nouvel ensemble à la chaîne de fournisseurs à bas coûts mise en place par Alstom, notamment en Inde, produira aussi des économies qui n'ont pas été prises en compte dans le calcul des synergies, a souligné Henri Poupart-Lafarge.

La mise en oeuvre du rapprochement devrait coûter quelque 250 millions d'euros au nouveau groupe, a-t-il également indiqué.

Henri Poupart-Lafarge, qui sera en tandem avec un président non exécutif allemand choisi par Siemens, a rejeté toute idée de présidence tournante entre la France et l'Allemagne, à l'image de ce qui avait été nécessaire chez Airbus pour préserver les susceptibilités nationales avant que Tom Enders, l'actuel patron, ne transforme le groupe en entreprise "normale".

"Ne soyons pas obsédés par les nationalités, cela devient un peu embarrassant", a déclaré Henri Poupart-Lafarge lors d'une conférence de presse commune avec Siemens à Paris, faisant référence aux réserves émises dans la presse française sur le sujet.

"Ce n'est pas une question de nationalité ; la manière dont nous allons composer la nouvelle équipe dirigeante consistera à choisir les meilleures personnes pour les différents postes, et nous n'allons pas commencer à tenir les comptes", a-t-il ajouté en évoquant le grand nombre de nationalités qui seront présentes dans un ensemble présent dans une soixantaine de pays.

Au total, a précisé Siemens dans sa propre présentation aux analystes, le futur groupe table sur une marge opérationnelle ajustée de 11% à 14% d'ici 2023 contre 8% en 2016, atteignant des marges à deux chiffres dès l'exercice 2020 au plus tard.

LA FRANCE "VIGILANTE"

La fusion, qui créera une entreprise de plus de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2023, devrait être relutive en termes de bénéfice par action au bout de deux ans après la clôture de l'opération, a fait valoir le groupe allemand.

A la réalisation de la transaction, espérée fin 2018, Siemens aura 50,67% du nouvel ensemble, une fois prise en compte les émissions potentielles d'actions via des stock options et des attributions d'actions gratuites, a indiqué de son côté Henri Poupart-Lafarge.

Présentée par l'Etat français comme un "rapprochement entre égaux", la fusion se traduit dans les faits par une prise de contrôle d'Alstom par Siemens.

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a salué l'opération en se disant confiant des engagements sur l'emploi. Il a annoncé qu'il se rendrait sur le site Alstom de Valenciennes dès vendredi et dans les semaines qui viennent sur celui de Belfort, dont le projet de fermeture avait provoqué une levée de boucliers en 2016.

Bruno Le Maire a également assuré que le gouvernement français serait vigilant quant à la préservation de ses intérêts stratégiques grâce à son influence sur les commandes publiques que le nouvel ensemble recherchera.

Le ministre a dit espérer que le sommet franco-italien programmé dans l'après-midi à Lyon donne naissance à un champion de l'industrie navale similaire à Siemens Alstom dans le ferroviaire.

TREMPLIN POUR UNE POURSUITE DE LA CONSOLIDATION

Henri Poupart-Lafarge a de son côté laissé la porte ouverte à une poursuite de la consolidation dans le secteur ferroviaire, estimant que Siemens Alstom en constituerait le tremplin.

Siemens a choisi de s'allier à Alstom après avoir discuté, selon des sources au fait du dossier, avec le canadien Bombardier, pour lequel le rapprochement franco-allemand est un coup dur.

A la question de savoir si Alstom et Siemens avaient discuté d'un mariage à trois avec Bombardier, Joe Kaeser, le président du directoire de Siemens, s'en est tiré par une pirouette lors de la conférence de presse. "Quand j'étais enfant et que j'essayais à tout prix de courir, mes parents m'ont conseillé d'apprendre d'abord à marcher", a-t-il répondu.

Henri Poupart-Lafarge a quant à lui indiqué aux analystes qu'Alstom et Siemens poursuivraient leurs consortiums actuels avec Bombardier.

Le futur directeur général de Siemens Alstom a souligné que la croissance externe du nouveau groupe serait concentrée dans un premier temps sur l'acquisition de nouvelles technologies et les implantations géographiques.

"Nous avons déjà beaucoup à faire, ne soyons pas trop gourmands", a-t-il dit aux analystes en conférence téléphonique.

Il a souligné que Siemens Alstom investirait en particulier en Chine, sur les terres de CRRC, pour profiter de l'imposante croissance attendue des dessertes ferroviaires dans la deuxième économie mondiale, ainsi qu'en Russie.

(Avec Leigh Thomas et Yann Le Guernigou, édité par Dominique Rodriguez)

reuters.com

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