Code du Travail: Berger ne veut pas se battre avec "des baskets"
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La grogne monte chez les militants de la cfdt
Charles Platiau
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La grogne monte chez les militants de la cfdt
Charles Platiau
par Caroline Pailliez
PARIS (Reuters) - Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a défendu mardi son choix d'une position constructive face aux militants qui lui demandent de durcir le ton contre la réforme du Code du travail et de rallier les manifestations.
La CFDT, qui a refusé de répondre à l'appel aux mobilisations de la CGT les 12 et 21 septembre derniers malgré sa déception face aux ordonnances, a essuyé les critiques de certains de ses adhérents lors d'un rassemblement militant qui a réuni plus de 10.000 personnes à Paris.
"Je comprends et je partage même parfois l'envie légitime de certains d'entre nous d'enfiler des baskets pour exprimer notre colère", a déclaré Laurent Berger lors du discours de clôture.
"Mais avec quels résultats possibles, avec quel soutien des salariés? De grâce, mes camarades, ne donnons pas au gouvernement les arguments pour nous ranger sur l'étagère du Vieux monde", a-t-il poursuivi.
Pour Laurent Berger, la mobilisation contre la réforme doit prendre forme au sein des entreprises.
"La cohérence qui est la nôtre, c'est la conviction que notre efficacité est auprès des travailleurs et dans les rapports de forces que nous menons dans les lieux de travail. Face aux ordonnances aujourd'hui, le défis à relever, c'est celui-là", a-t-il ajouté, en invitant ses adhérents à négocier, signer des pétitions et interpeller autant les employeurs que les députés.
La CFDT et la CFTC sont les seules organisations syndicales représentatives à maintenir leur décision de ne pas manifester contre les ordonnances.
La CFE-CGC a changé de discours mardi dernier après avoir consulté ses adhérents.
Le bureau confédéral de Force ouvrière a aussi été sommé vendredi par le comité confédéral national (CCN), "Parlement" constitué des fédérations et unions départementales, de durcir le ton. Il contactera les autres organisations syndicales en vue d'une mobilisation avant la ratification des ordonnances.
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"AUTISME"
Plusieurs militants de la CFDT ne comprennent pas le cap de leur confédération.
"Vous ne dites pas que c'est inadmissible. Vous employez trop des mots modérés. Je suis désolée, ce qui se passe là est inadmissible. Il faut vraiment qu'on ait une position plus ferme", a dit Pascale Meunier, délégué syndicale centrale dans le groupe Orange, lors d'un débat.
Norbert Raffolt, secrétaire général de Symnes, un syndicat de la métallurgie à Paris, réclame un changement de ton de la part de sa centrale.
"On demande de sortir de cet autisme qui consiste à dire, 'on a pris la bonne décision et on l'assume jusqu'au bout'", a-t-il dit. "Aujourd'hui, vous entendez dans la salle que la base vous dit 'il faut bouger, il faut apporter une réponse qui est différente'".
Certains militants estiment même que la position de la CFDT lui coûtera des places lors des prochaines élections syndicales dans les entreprises.
"Je crois que nous sommes ici aujourd'hui ici pour célébrer la fait que la CFDT soit devenu le syndicat premier sur la branche du privé", a dit Frédéric Boloré, délégué syndical pour dans l'entreprise Capgemnini. "Je ne suis pas persuadé qu'au rythme que ça prend aujourd'hui, dans quatre ans, on soit encore capable de faire la même fête."
La CFDT assure que lorsqu'elle l'estime nécessaire, elle est présente dans la rue pour manifester. Ce sera le cas le 10 octobre pour la mobilisation des fonctionnaires contre le gel de leur rémunération et la hausse de la CSG. L'ensemble des organisations syndicales ont décidé d'y participer.
Laurent Berger, qui sera en déplacement, participera ainsi à une manifestation à la Roche-sur-Yon, en Vendée.
(Edité par Sophie Louet)
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