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L'Onu demande une trêve en Syrie, son application incertaine

reuters.com

Publié le 25 février 2018 à 10:30 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:17

L'onu demande une treve en syrie, son application incertaine

L'onu demande une treve en syrie, son application incertaine

EDUARDO MUNOZ

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Ellen Francis et Michelle Nichols

NATIONS UNIES (Reuters) - Les quinze membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont adopté samedi à l'unanimité une résolution demandant une trêve humanitaire de 30 jours en Syrie "sans délai" afin de permettre la fourniture d'aide aux populations civiles et des évacuations médicales.

La Russie, qui soutient de manière indéfectible le régime de Bachar al Assad et a opposé son veto à plusieurs textes visant à sanctionner le pouvoir syrien, a approuvé ce texte après des jours de tractation et des négociations de dernière minute.

Les chances de voir ce texte respecté restaient incertaines samedi soir puisque l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) qui documente le conflit a signalé de nouveaux raids aériens sur la région de la Ghouta orientale après le vote du Conseil de sécurité.

Les avions ont notamment pris pour cible la ville de Chifouniyeh, précise l'organisation basée à Londres.

L'aviation syrienne soutenue par la Russie pilonne sans relâche depuis sept jours cette région rurale que les rebelles syriens continuent de contrôler à l'est de la capitale, Damas.

Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, avait demandé mercredi un arrêt immédiat des "activités de guerre" dans cette zone où vivent près de 400.000 personnes qui sont assiégées par les forces progouvernementales depuis 2013.

Malgré le vote en faveur du texte, l'ambassadeur russe aux Nations unies Vassily Nebenzia a douché en partie les espoirs de voir mise en place cette trêve humanitaire, laissant craindre que cette dernière, comme les précédentes, reste lettre morte.

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"Il est nécessaire que les demandes du Conseil de sécurité soient soutenues par des accords concrets sur le terrain", a-t-il déclaré devant les membres du conseil après le vote.

L'incertitude entourant la mise en oeuvre de cette résolution présentée par la Suède et le Koweït est d'autant plus grande que sa rédaction a été laborieuse et le fruit de tractations pendant plusieurs jours et de négociations de dernière minute pour obtenir l'approbation russe.

La Russie n'a pas précisé quand cet arrêt des combats pourrait intervenir et a obtenu que la mention "sans délai" remplace dans la version finale celle d'une mise en place 72 heures après la vote de la résolution.

APPROBATION DES REBELLES

Les discussions menées samedi ont conduit à l'ajout d'une demande adressée à toutes les parties en conflit de "s'engager immédiatement à garantir une application pleine et totale".

"Alors qu'ils (les Russes) faisaient traîner les négociations, les bombes des avions de chasse d'Assad continuaient à tomber", a commenté l'ambassadrice américaine Nikki Haley.

"Au cours des trois jours qu'il nous a fallu pour adopter cette résolution, combien de mères ont perdu leurs enfants dans les bombardements ?" s'est-elle interrogée. "Nous doutons profondément que le régime (syrien) accepte" cette résolution.

Les deux principales factions rebelles de la Ghouta orientale, Djaïch al Islam et Faïlak al Rahman, ont salué l'adoption de la résolution et ont promis de protéger les convois humanitaires qui se rendront dans la zone assiégée par les forces soutenant le régime Assad.

Les organisations rebelles se sont engagées à respecter cet arrêt des combats mais ont dit qu'elles répliqueraient à toute violation commise par l'armée syrienne ou par ses alliés.

Ce texte intervient alors que l'aviation syrienne pilonne sans interruption cette zone rurale à l'est de Damas. Les habitants terrés dans les sous-sols des immeubles et les associations médicales évoquent une dizaine d'hôpitaux attaqués.

Le gouvernement syrien et son allié russe disent ne viser par leurs bombardements que des combattants rebelles. Ils expliquent vouloir faire cesser les attaques au mortier de ces rebelles sur la capitale toute proche et accusent les insurgés de se servir de la population comme d'un bouclier humain.

Depuis dimanche soir, les frappes aériennes, tirs de roquettes et autres tirs d'artillerie ont fait plus de 500 morts, selon les calculs de l'OSDH. Parmi ces morts figurent plus de 120 enfants.

Selon l'OSDH, les raids aériens dirigés par le gouvernement de Bachar al Assad ont notamment touché samedi les villes de Douma et Zamalka et ont fait 31 morts.

Selon la Défense civile de la Ghouta orientale, les services d'urgence ont été appelés après des frappes sur Kafr Batna, Douma et Harasta.

(Michelle Nichols; Pierre Sérisier pour le service français)

reuters.com

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