Redoine Faïd, braqueur et faux repenti, rejugé
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Redoine faid, braqueur et faux repenti, rejuge
© Stephane Mahe / Reuters
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Redoine faid, braqueur et faux repenti, rejuge
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par Emmanuel Jarry
PARIS (Reuters) - Soupçonné d'avoir organisé le braquage avorté ayant abouti à la mort d'une policière municipale en 2010 et condamné en 2016 à 18 ans de prison, Redoine Faïd, un truand très médiatisé qui se disait repenti, est jugé en appel à Paris depuis mardi.
En 2010, ce natif de Creil (Oise) courait les plateaux de télévision pour faire la promotion d'un livre dans lequel il racontait sa vie de braqueur, "des cités au grand banditisme".
Amateur de films d'action américains, dont il disait s'inspirer pour ses braquages, il jurait alors s'être rangé après quelques années de cavale et dix ans de prison.
Interpellé en juin 2011, il est soupçonné d'avoir été à la tête d'une bande de malfaiteurs qui envisageait le 20 mai 2010 d'attaquer des fourgons de transport de fonds, avant qu'un contrôle de police ne mette fin à leur projet.
Après une course poursuite mouvementée, les occupants d'un véhicule tiraient sur deux policiers municipaux à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) : Aurélie Fouquet, mère de famille de 26 ans, tuée d'une balle dans la tête, et Thierry Moreau, blessé.
Confronté à une vive émotion dans la police, le président Nicolas Sarkozy avait assisté aux obsèques de la jeune femme.
En dépit de sa proximité avec les membres de la bande, dont son frère Fisal, Redoine Faïd jure n'avoir rien à voir avec le projet d'attaque à main armée et la mort de la policière, dans laquelle son implication n'a au demeurant jamais été établie.
Il a été jugé et condamné en première instance pour "tentative de vol en bande organisée avec arme", alors que son avocat de l'époque réclamait l'acquittement.
"On maintiendra cet objectif, l'acquittement", dit son avocat, Joseph Cohen-Sabban. "Je considère qu'il a été condamné plus parce qu'il est Redoine Faïd que pour ce qu'il a fait."
"NOUS AVONS LE NOM DU TIREUR"
Il convient cependant que, quelle que soit l'issue de ce procès en appel, prévu pour durer un mois et demi, elle ne modifiera guère le sort de cet homme au crâne rasé, aujourd'hui âgé de 45 ans, qui cumule par ailleurs déjà de lourdes peines.
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Il a été condamné en 2017 à 18 ans de prison pour l'attaque d'un fourgon blindé en 2011 et à 10 ans pour s'être évadé de la prison de Lille-Séquedin (Nord) en 2013, avec explosifs et prise d'otages -- il sera repris un mois et demi-plus tard.
Deux des six prévenus qui comparaissent avec lui restent jugés pour meurtre, comme un huitième homme, absent : Olivier Tracoulat, blessé lors de la fusillade qui a coûté la vie à Aurélie Fouquet, disparu depuis et condamné par défaut en 2016 à 30 ans de prison, et dont il n'est pas sûr qu'il soit en vie.
Le frère de Redoine Faïd, Fisal, qui avait fui en Algérie, pays d'origine de leur famille, a pour sa part été condamné par la justice algérienne à 20 ans de réclusion pour ces mêmes faits et devrait témoigner au cours de ce procès par visio-conférence.
Pour l'avocat de la famille Fouquet, Me Laurent-Franck Lienard, il ne fait guère de doute que Fisal Faïd est le tueur de la policière, même s'il n'a rien avoué lors de son procès.
Il "a été condamné en Algérie pour ça, reconnu formellement", explique-t-il. "Maintenant que nous avons le nom du tireur, peut-être que les autres vont pouvoir assumer leur propre responsabilité."
(Edité par Yves Clarisse)
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