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Pepy dit être "sans états d'âme" pour la réforme de la SNCF

reuters.com

Publié le 28 février 2018 à 09:26 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:16

Personne n'a interet a une greve longue a la sncf, dit pepy

Personne n'a interet a une greve longue a la sncf, dit pepy

BENOIT TESSIER

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18 juillet 2026

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PARIS (Reuters) - Le président du directoire de la SNCF, Guillaume Pepy, en place depuis dix ans mais critiqué, s'est déclaré mercredi "sans états d'âme" et à "100% engagé" en faveur de la réforme de l'entreprise ferroviaire annoncée par le gouvernement.

Le mandat de cet énarque de 59 ans prend fin en 2020, juste avant une nouvelle étape de l'ouverture du transport de voyageurs à la concurrence européenne à laquelle cette réforme est censée préparer la SNCF.

La ministre des Transports, Elizabeth Borne, a rappelé mercredi matin sur RTL que le Premier ministre, Edouard Philippe, pourtant sévère sur l'état actuel de la SNCF, avait confirmé la confiance du gouvernement en Guillaume Pepy.

"Ce n'est pas un sujet de personne", a-t-elle dit. "On a demandé à la SNCF d'avoir aussi un nouveau projet d'entreprise, on avance ensemble."

Le "plan industriel" de la SNCF visera notamment à améliorer la régularité des trains, avec une "priorité absolue" pour les "trains de la vie quotidienne", a promis Guillaume Pepy sur CNews. Les agents de la SNCF seront plus polyvalents pour "un meilleur service" aux usagers, a-t-il ajouté.

"L'enjeu, c'est des dizaines et des dizaines de millions d'euros chaque année", a-t-il dit, un chiffre qu'il devrait préciser au gouvernement le 15 mars. L'entreprise a publié mardi de bons résultats pour 2017.

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"Je suis 100% engagé, mon métier c'est d'être un président au service des clients et l'heure aujourd'hui est à avancer, elle est à réformer, elle n'est pas aux états d'âme."

Faute de réforme, la SNCF ne sera pas prête à affronter la concurrence et se fera "bouffer", a averti Guillaume Pepy, pour qui "il y a une très grande urgence".

Un des enjeux est aussi le traitement de la dette de la SNCF, qui ne sera pas reprise par l'Etat sans transformation de l'entreprise nationale, a averti le gouvernement.

Guillaume Pepy accuse pour sa part l'Etat d'avoir "laissé la SNCF s'endetter avec des tas de projets depuis 30 ans", avec pour résultat 46 milliards d'euros de dette.

Les syndicats, extrêmement méfiants vis-à-vis d'une réforme qui prévoit de supprimer un statut de cheminot vieux de près d'un siècle, brandissent la menace d'une grève longue.

QUELLE CONCERTATION ?

Ils ont donné au gouvernement un sursis jusqu'au 15 mars pour qu'il renonce à réformer par ordonnances () mais "ce n'est pas un signe de faiblesse", a dit le secrétaire général de la CGT, selon qui ils sont "gonflés à bloc".

"Le gouvernement dit 'on va discuter', on va voir s'ils veulent réellement discuter", a expliqué sur France 2 Philippe Martinez, qui promet une réponse "à la hauteur de l'attaque".

La numéro 2 de la CFDT, Véronique Descacq a assuré sur RTL que les syndicats n'acceptaient pas "la brutalité de la méthode" mais voulaient "laisser une chance au dialogue social".

Syndicats et gouvernement divergent sur la nature de la concertation de deux mois proposée par le gouvernement à partir de jeudi sur l'amélioration du service ferroviaire, l'ouverture à la concurrence, l'organisation de la SNCF et la modernisation sociale de ce secteur.

Elisabeth Borne a confirmé à propos de ce dernier point que la date à partir de laquelle la SNCF ne recruterait plus sur la base du statut de cheminot faisait partie de la concertation.

Elle a expliqué que cette concertation avec les syndicats serait conduite parallèlement à un débat au Parlement sur la loi d'habilitation des ordonnances et nourrirait ce débat.

"A chaque fois que la concertation aura permis d'avancer sur un sujet, on mettra dans la loi les dispositions à la place des ordonnances", a-t-elle expliqué.

Là encore, les syndicats se montrent méfiants.

"Soit le gouvernement écoute, soit c'est un monologue et on fait semblant (...) et là les cheminots se fâcheront", a ainsi averti Philippe Martinez. Véronique Descacq a regretté que le gouvernement juge "secondaire" le dialogue social.

Guillaume Pepy a pour sa part averti qu'une grève longue serait un "formidable bond en arrière", au moment où la SNCF affiche de bons résultats pour 2017.

"Personne, ni les cheminots, ni les syndicats, ni les clients, ni notre pays n'a intérêt à ce qu'il y ait une grève longue au moment où le train repart", a-t-il dit. "Personne n'a intérêt à un mouvement dur", a renchéri Elisabeth Borne.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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