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Des civils évacués de la Ghouta orientale

reuters.com  |   |  620  mots
Des civils evacues de la ghouta orientale[reuters.com]
(Crédits : Bassam Khabieh)

BEYROUTH (Reuters) - Des civils blessés et malades sont sortis mardi matin de la Ghouta orientale, rapportent la télévision publique syrienne et l'armée russe. Les rebelles du Djaïch al Islam ont précisé qu'ils étaient sortis dans le cadre d'une évacuation négociée avec la Russie sous les auspices des Nations unies.

Le coordinateur résident des Nations unies en Syrie, Ali al Zaatari, avait annoncé en début de matinée qu'il s'attendait à une évacuation de civils dans la journée.

S'exprimant au point de passage d'Al Wafidine, à la limite occidentale de l'enclave, près de Douma, il avait précisé à Reuters que des malades et des blessés seraient au nombre de ces évacués.

La télévision publique syrienne a diffusé les images d'un groupe de civils, parmi lesquels des malades et des blessés, présentés comme quittant la Ghouta orientale et gagnant les territoires sous contrôle gouvernemental via Al Wafidine.

Ce premier groupe, précise la télévision, comprenait environ 35 personnes qui vont gagner un centre d'hébergement de la région.

L'armée russe a indiqué de son côté qu'une centaine de personnes avaient quitté la Ghouta mardi matin.

Yasser Delwan, responsable politique du Djaïch al Islam, une des principales factions rebelles opérant dans la Ghouta, a déclaré que cette évacuation avait été rendue possible grâce à l'accord annoncé la veille avec la Russie, soutien politique et militaire du régime de Bachar al Assad, sous les auspices de l'Onu.

Il a ajouté que ces civils évacués faisaient partie du millier de malades et de blessés dont des responsables de l'Onu ont indiqué qu'ils ont besoin d'une assistance médicale hors de l'enclave située à la périphérie de Damas.

UN MILLIER DE CIVILS TUÉS EN UN MOIS

Depuis le déclenchement d'une campagne de bombardement le 18 février, prolongée par une offensive au sol, contre l'enclave qui était tenue par les rebelles à la périphérie de Damas, les forces pro-gouvernementales syriennes ont repris plus de la moitié de la Ghouta, un ensemble de localités densément peuplées et de terres agricoles.

D'après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, l'offensive a fait en un mois plus de 1.100 morts parmi la population civile de l'enclave, où vivent quelque 400.000 personnes.

Ces derniers jours, l'avancée des forces pro-gouvernementales a isolé les deux principales villes de la Ghouta, Douma et Harasta.

Interrogés par la télévision publique syrienne, des civils sortis de l'enclave ont déclaré que les rebelles les avaient empêchés de partir plus tôt.

"Nous ne pouvions pas sortir. Ils ne laissent personne sortir, ils les agressent et les obligent à faire demi-tour", a déclaré l'un d'eux.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) fait état pour sa part de nouveaux bombardements menés par les forces gouvernementales dans le sud de l'enclave, incluant les villes de Saqba, Kafr Batna et Jisrine.

A Al Kadam, zone rebelle au sud de Damas, sans lien avec la Ghouta orientale, l'armée syrienne a évacué mardi environ 300 combattants rebelles et leurs familles, rapportent par ailleurs l'OSDH et le service de presse du Hezbollah libanais, mouvement chiite allié à Assad.

Les rebelles évacués appartiennent au groupe Ajnad al Cham. Ils doivent être transférés dans la région rebelle d'Idlib, dans le nord-ouest du pays, à la suite d'un accord passé avec Damas.

L'OSDH précise que plusieurs centaines de rebelles ont quitté en car le secteur d'Al Kadam ces dernières vingt-quatre heures.

(Ellen Francis et Lisa Barrington; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)