Un islamiste malien présumé comparaît devant la CPI
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Un islamiste malien presume comparait devant la cpi
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LA HAYE (Reuters) - Un islamiste malien soupçonné de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pendant l'occupation du nord du Mali par des groupes djihadistes a comparu mercredi devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye.
Lors de cette première comparution, Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud, 40 ans, n'a pas évoqué les accusations portées contre lui mais s'est plaint de ses conditions de détention.
Al Hassan est poursuivi pour des crimes commis en 2012 et 2013, alors que la ville de Tombouctou était sous la domination des groupes armés Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) et du mouvement touareg Ansar Eddine, auquel il aurait appartenu. Il faisait alors office de chef de la police islamique.
"Je suis détenu dans une pièce équipée d'une caméra", a-t-il dit au juge, ce qu'il considère comme une atteinte à sa dignité et à sa vie privée.
Al Hassan n'a pas encore été formellement inculpé par la CPI. Pour cela, les accusations portées contre lui doivent encore être confirmées lors d'une audience prévue le 24 septembre prochain.
Al Hassan a été remis à la CPI le 31 mars, près d'un an après son arrestation dans le nord du Mali.
Selon le mandat d'arrêt émis par la CPI le 27 mars, il est né dans la région de Tombouctou et est membre de la tribu touarègue des Kel Ansar. Il "aurait été" membre d'Ansar Eddine. Il est notamment soupçonné d'avoir ordonné la destruction de mausolées de saints musulmans et d'avoir mis en oeuvre des politiques qui ont mené à l'esclavage sexuel de femmes et de jeunes filles.
Le seul autre suspect arrêté dans le conflit malien, Ahmad al Faki al Mahdi, a plaidé coupable de la destruction de monuments du patrimoine culturel malien. Il avait participé à la destruction de mausolées. Il a été condamné à neuf ans de prison l'an dernier après avoir présenté ses excuses pour ses exactions. Il pourrait comparaître en tant que témoin contre Al Hassan.
L'affaire al Mahdi a été considérée comme emblématique parce que c'était la première condamnation pour crimes de guerre pour le simple fait de destruction de biens culturels.
(Stephanie van den Berg; Tangi salaün, Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)
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