Sanglante manifestation à la frontière de Gaza, l'ambassade US ouvre à Jérusalem
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Les gazaouis sommes de ne pas approcher de la frontiere israelienne
IBRAHEEM ABU MUSTAFA
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Les gazaouis sommes de ne pas approcher de la frontiere israelienne
IBRAHEEM ABU MUSTAFA
par Nidal al-Mughrabi et Maayan Lubell
A LA FRONTIÈRE DE LA BANDE DE GAZA (Reuters) - Seize Palestiniens, dont un garçon de 14 ans, ont été tués et 500 blessés par l'armée israélienne lundi à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, jour du 70e anniversaire de la création de l'Etat hébreu et quelques heures avant l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.
Dans la petite enclave palestinienne, les haut-parleurs des mosquées ont appelé les fidèles à se rendre en masse près de la clôture de séparation, dans le cadre des manifestations de la "Grande Marche du Retour" lancées le 30 mars dernier.
Depuis la fin mars, 61 manifestants ont été tués par les tirs israéliens à la frontière, ont annoncé les services de secours palestiniens. Il n'y a eu aucun mort côté israélien.
Ce mouvement de protestation doit culminer mardi 15 mai, jour que les Palestiniens appellent la "Nakba" (la "catastrophe"), marquant l'expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948.
Ismaël Haniyeh, chef de file du Hamas dans la bande de Gaza, a promis une "marée humaine".
Les manifestants palestiniens ont une nouvelle fois brûlé des pneus le long de la frontière, d'où s'élèvent de longs panaches de fumée noire.
"Le monde doit entendre notre message, même s'il doit y avoir beaucoup de martyrs aujourd'hui. C'est le grand jour, nous allons franchir la clôture et prouver à Israël que le monde n'accepte plus cette occupation", déclare Ali, un professeur de sciences.
La mort de dizaines de manifestants depuis un mois et demi a été dénoncée par de nombreux pays à travers le monde mais les Etats-Unis en rendent responsable le mouvement Hamas, qui dirige depuis plus de dix ans la bande de Gaza.
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TRACTS ISRAÉLIENS SUR GAZA
L'armée israélienne a largué lundi des tracts sur l'enclave palestinienne, exhortant la population à ne pas se laisser "manipuler" par le Hamas et à ne pas se rendre près de la frontière.
"Nous sommes prêts à répondre aux menaces du Hamas qui veut perturber les célébrations de l'ouverture de l'ambassade des Etats-Unis", a écrit sur Twitter le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman.
"Mon conseil aux habitants de Gaza: ne vous laissez pas aveugler par (le dirigeant du Hamas Yehya al) Sinouar, qui envoie inutilement vos enfants à la mort", a-t-il ajouté.
Dans la journée, une délégation américaine devait assister à l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade des Etats-Unis, qui se trouvait jusqu'ici à Tel Aviv, la communauté internationale ne reconnaissant pas Jérusalem comme capitale de l'Etat juif.
Cette délégation comprend notamment le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, la fille du président Donald Trump, Ivanka, et le mari de cette dernière, Jared Kushner.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué "un jour émouvant pour le peuple et l'Etat d'Israël".
Jason Greenblatt, émissaire de Donald Trump au Proche-Orient, a estimé sur Twitter que l'installation de l'ambassade américaine à Jérusalem, "mesure longtemps attendue", était une "condition nécessaire" à l'élaboration d'une "paix durable" dans la région.
"VIOLATION DU DROIT INTERNATIONAL"
Dans son discours lors de l'inauguration, Jared Kushner devrait défendre également cette position.
Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a condamné, lui, "une flagrante violation du droit international". Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale du futur Etat qu'ils espèrent un jour fonder.
"Choisir un jour si tragique de l'histoire palestinienne (pour inaugurer l'ambassade des Etats-Unis) révèle un mépris total du processus de paix", a-t-il ajouté.
Le Guatemala doit ouvrir à son tour son ambassade à Jérusalem mercredi prochain. Le Paraguay devrait suivre dans le courant du mois.
La Grande-Bretagne a fait savoir lundi qu'elle n'avait pas l'intention de transférer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, soulignant qu'elle désapprouvait toujours l'initiative des Etats-Unis.
Pour le président turc Recep Tayyip Erdogan, les Etats-Unis, en transférant leur ambassade à Jérusalem, se sont discrédités en tant que médiateur dans le conflit israélo-palestinien.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dit craindre que l'initiative américaine n'attise les tensions dans la région.
Les représentants permanents des Etats membres de la Ligue arabe se réuniront mercredi pour évoquer ce dossier.
(Avec Jeffrey Heller et Stephen Farrell, Elizabeth Piper; Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)
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