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Vote au Burundi où le président pourrait se maintenir jusqu'en 2034

reuters.com  |   |  429  mots
Vote au burundi ou le president pourrait se maintenir jusqu'en 2034[reuters.com]
(Crédits : Evrard Ngendakumana)

BUJUMBURA (Reuters) - Les Burundais ont participé jeudi à un référendum sur une réforme constitutionnelle qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza, 54 ans, de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2034 mais qui risque aussi d'exacerber des tensions ethniques toujours fortes.

Près d'un demi-million d'habitants ont trouvé refuge à l'étranger depuis la réélection de Nkurunziza, émaillée de violences, en 2015. Le Burundi présente la même composition ethnique que le Rwanda voisin, où la constitution a également été modifiée il y a trois ans pour permettre au président Paul Kagamé de rester au pouvoir.

L'opposition et les mouvements de défense des droits de l'homme ont fait état d'arrestations, de dispersions de rassemblements en faveur du "non" et de menaces de mort, mais le gouvernement a promis un scrutin libre et équitable.

En votant dans son village de Ngozi, le président Nkurunziza s'est réjoui de la participation.

La réforme proposée prévoit notamment de porter de cinq à sept ans la durée d'un mandat présidentiel et de limiter à deux mandats successifs l'exercice du pouvoir, sans prendre en compte les mandats passés.

Signe des tensions que suscite ce référendum, le secrétaire général du CNDD-FDD (Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie), dont le chef de l'Etat est issu, a qualifié cette semaine les adversaires de la réforme d'"ennemis de la nation".

La BBC a par ailleurs été interdite d'antenne ce mois-ci pour avoir relayé des opinions "inappropriées". Voice of America a subi le même sort, mais assure que ses émissions en langue locale sont toujours diffusées sur les ondes courtes.

Pierre Nkurunziza, ancien professeur de sport qui a combattu dans les rangs des Forces de défense de la démocratie pendant la guerre civile, appartient à la majorité hutue. Il est arrivé au pouvoir en 2005, à la fin du conflit qui a fait 300.000 morts.

Son projet de réforme, qui l'autoriserait à briguer deux nouveaux septennats, a toutes les chances d'être approuvé mais ses détracteurs, pour lesquels il était déjà inéligible en 2015, craignent des exactions de la part des Imbonerakure, la section de jeunesse du CNDD-FDD dont le nom signifie littéralement "ceux qui voient loin", en kirundi.

De nombreux réfugiés burundais vivent au Rwanda, où 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés en 1994 par des extrémistes hutus.

(Elias Biryabarema; Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)