A trois mois de la COP24, les négociations sur le climat piétinent
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par Amy Sawitta Lefevre
BANGKOK (Reuters) - La conférence sur le climat prévue à la fin de l'année en Pologne est mal partie, a déclaré mardi le Premier ministre des îles Fidji à l'ouverture de discussions préparatoires à Bangkok.
"Dans trois mois, nous serons à Katowice et franchement, nous ne sommes pas prêts", a déclaré Josaia Voreqe Bainimarama.
La ville du sud de la Pologne accueillera du 3 au 14 décembre la COP24, 24e conférence des parties signataires de la Convention-cadre de l'Onu sur le changement climatique (CCNUCC).
L'objectif est de parvenir à des règles précises d'application de l'Accord de Paris sur le climat. Négocié en 2015 dans le cadre de la COP21, ce texte prévoit de contenir d'ici à 2100 le réchauffement climatique "bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels" et de viser à "poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C".
Les discussions prévues jusqu'à dimanche à Bangkok doivent permettre d'avancer sur cette voie.
Mais après l'échec de précédentes discussions au mois de mai dernier à Bonn, le chef du gouvernement fidjien, un archipel du Pacifique-Sud directement menacé par la montée des eaux, estime que les négociations ont pris beaucoup trop de retard.
Or, sans lignes directrices, a-t-il ajouté, la communauté internationale court "le risque d'un chaos à Katowice et la possibilité d'un nouveau retard dans l'urgence du combat contre le changement climatique".
"Il ne s'agit pas d'une simple session de plus", a-t-il dit des discussions de Bangkok. "C'est une session d'urgence", a poursuivi Josaia Voreqe Bainimarama, par ailleurs président de la COP23.
"AUCUN PAYS, AUCUNE RÉGION N'EST ÉPARGNÉE"
"Y a-t-il quelqu'un parmi nous qui aimerait rentrer chez lui et dire à son peuple que nous avions la chance d'accomplir quelque chose de réellement important et de vraiment nécessaire pour le monde que nous laisserons à nos enfants, mais que la volonté de le faire nous a fait défaut ?", a-t-il dit.
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"Partout dans le monde les effets du changement climatique sont de plus en plus évidents et de plus en plus graves. Aucun pays, aucune région n'est épargnée (...)", a ajouté le Premier ministre fidjien.
Salué à sa signature comme une avancée historique, l'accord de Paris a fixé une série d'objectifs en vue de sortir de l'ère des hydrocarbures d'ici à la fin du siècle, mais le texte reste flou sur leur mise en oeuvre.
En outre, Donald Trump, qui a accédé entre-temps à la présidence américaine, en a retiré les Etats-Unis en 2017, au motif que l'accord négocié à Paris désavantageait la première puissance économique mondiale au profit de pays tiers.
Dans une interview accordée dimanche à Reuters, Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-cadre de l'Onu sur le changement climatique (CCNUCC), a déclaré que les engagements pris à ce stade par les Etats ne permettraient pas de contenir le réchauffement climatique sous le seuil des 2°C d'ici la fin du siècle.
"Dans de nombreux cas, il en va de la survie de ces pays. Mais avec les engagements pris à ce stade, nous ne sommes pas sur la bonne voie pour atteindre ces objectifs", a-t-elle dit.
(Henri-Pierre André pour le service français)
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