Après la tribune anonyme du New York Times, Trump s'en prend à un "Etat profond"
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Apres la tribune anonyme du new york times, trump s'en prend a un "etat profond"
Leah Millis
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Apres la tribune anonyme du new york times, trump s'en prend a un "etat profond"
Leah Millis
par Susan Heavey et Makini Brice
WASHINGTON (Reuters) - Au lendemain de la publication dans le New York Times d'une tribune anonyme affirmant qu'il existe une "résistance intérieure" au sein de son administration, Donald Trump s'en est pris jeudi à un "Etat profond" hostile à sa présidence, alors que ses ministres niaient l'un après l'autre être l'auteur du texte.
"L'Etat profond et la gauche, et leur véhicule, les médias bidons (the Fake News Media), deviennent fous et ils ne savent plus quoi faire", a-t-il tweeté tôt jeudi matin avant d'égrener les performances de l'économie américaine et du marché de l'emploi.
L'auteur de cette tribune se présente comme un membre d'une "résistance intérieure au sein de l'administration Trump" et affirme que plusieurs responsables du gouvernement fédéral travaillent contre l'avis du président pour préserver les intérêts du pays et protéger les Etats-Unis de "ses pires inclinations".
La racine du problème, poursuit-il, réside dans l'amoralité du président et dans son absence d'ancrage à des principes directeurs.
"Pour être clair, la 'résistance' populaire de la gauche n'est pas la nôtre. Nous voulons que notre administration réussisse et nous croyons qu'un grand nombre de ses politiques ont déjà rendu l'Amérique plus sûre et plus prospère. Mais nous croyons que nous avons d'abord un devoir envers notre pays, et que le président continue à agir de manière néfaste à la bonne santé de notre république", écrit-il.
"C'est pourquoi de nombreuses personnes nommées par Trump se sont engagées à faire ce que nous pouvons pour préserver nos institutions tout en contrecarrant les pulsions malavisées de M. Trump jusqu'à ce qu'il quitte le pouvoir."
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De nombreux conseillers du président, ajoute-t-il, ont été témoins de l'instabilité de Trump et ont même envisagé d'invoquer le 25e amendement, adopté en 1967, qui prévoit d'engager une procédure de destitution du président dans l'éventualité où il serait inapte à assumer sa charge.
Mais ils y ont renoncé pour éviter une "crise constitutionnelle". "Nous ferons donc ce que nous pouvons pour orienter le gouvernement dans la bonne direction jusqu'à ce que, d'une manière ou d'une autre, cela se termine", poursuit-il.
"LE MARIGOT TENTE DE RÉPLIQUER"
Réagissant dès mercredi soir à la publication de cette tribune, qu'il juge "lâche", Trump a évoqué un acte de trahison et sommé le New York Times, au nom de la sécurité nationale, de divulguer l'identité de son auteur.
"Si l'anonyme DÉGONFLÉ existe vraiment, le Times doit, pour des raisons de sécurité nationale, le ou la remettre au gouvernement immédiatement !", a-t-il tweeté dans la soirée.
Le président républicain a également repris la ligne de sa campagne présidentielle, où il posait en candidat hors système représentant le peuple contre les milieux politiques de Washington. "Je suis en train d'assécher le marigot, et le marigot tente de répliquer. Mais ne vous inquiétez pas, nous allons gagner !", a-t-il écrit mercredi soir.
Il est pour le moins inhabituel que le New York Times publie une tribune d'un haut responsable sous le sceau de l'anonymat. Mais le quotidien, qui indique avoir agi à la demande de l'auteur, précise qu'il s'agit d'un "haut responsable de l'administration" et ajoute que la divulgation de son nom pourrait lui faire perdre son poste.
Les milieux politiques et médiatiques à Washington se sont aussitôt lancés dans le petit jeu consistant à découvrir l'identité de son auteur.
Le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence, a condamné pour sa part la décision éditoriale du New York Times qui, indique son porte-parole, devrait "avoir honte". Au passage, il fait savoir que le texte ne vient pas de lui. "Le vice-président signe de son nom les tribunes qu'il écrit", ajoute Jarrod Agen sur Twitter.
"UNE SEULE OPTION: PARTIR"
En déplacement en Inde, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a affirmé de même qu'il ne s'agissait pas de lui et a lui aussi fustigé la décision du NY Times de la publier.
"Je viens d'un milieu où, lorsqu'on n'est pas en mesure d'exécuter l'ordre du commandant, on ne dispose que d'une seule option: partir", a-t-il dit lors d'une rencontre impromptue avec la presse à l'ambassade américaine à New Delhi. "A l'inverse, cette personne, selon le New York Times, a non seulement choisi de rester mais aussi de saper ce que le président Trump et son administration tentent de faire."
D'autres responsables de l'administration Trump ont à leur tour démenti être l'auteur anonyme de la tribune, dont le chef du Pentagone, James Mattis, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, le directeur du Renseignement national, Dan Coats, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, ou encore l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley.
La porte-parole de la Maison blanche, Sarah Sanders, a pour sa part estimé que "l'obsession des médias à connaître l'identité du lâche anonyme ternit la réputation de milliers d'Américains qui servent fièrement notre pays et travaillent pour le président Trump. Stop!"
Sarah Sanders avait déjà rappelé mercredi que "près de 62 millions de personnes ont voté pour le président Donald J. Trump en 2016 (...) aucun d'eux n'a voté pour une source anonyme et trouillarde du New York Times en faillite".
Cette tribune est sortie au lendemain de la publication dans le Washington Post des premiers extraits d'un nouvel ouvrage du journaliste américain Bob Woodward, qui révèle notamment que Trump a réclamé l'année dernière l'élimination de Bachar al Assad, demande que son secrétaire à la Défense, Jim Mattis, a ignorée.
Dans un autre extrait de "Fear: Trump in the White House", il raconte comment Gary Cohn, l'ancien conseiller économique de la Maison blanche, a subtilisé sur le bureau du président une lettre retirant les Etats-Unis d'un accord commercial avec la Corée du Sud, afin d'empêcher Trump de la signer.
(avec Phil Stewart à NEW DELHI, Roberta Rampton et Yeganeh Torbati à WASHINGTON, Maria Caspani et Michelle Nichols à NEW YORK; Arthur Connan, Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français)
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