Le chef du Pentagone en visite en Afghanistan
reuters.com

Le chef du pentagone, james mattis, en visite en afghanistan
Phil Stewart
reuters.com

Le chef du pentagone, james mattis, en visite en afghanistan
Phil Stewart
par Idrees Ali
KABOUL (Reuters) - Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, et le chef d'état-major interarmes américain, le général Joseph Dunford, sont arrivés à Kaboul vendredi pour rencontrer le nouveau commandant des forces de l'Otan en Afghanistan, le général américain Scott Miller.
Le sujet des négociations de paix avec les taliban sera également abordé.
La Russie a accepté la semaine dernière, à la demande du président afghan Ashraf Ghani, de repousser la date de la conférence de paix sur l'Afghanistan prévue à l'origine le 4 septembre à Moscou et où les insurgés taliban avaient accepté de se rendre.
Le général Scott Miller a pris dimanche le commandement de la mission l'Otan "Resolute Support", dans un contexte de détérioration de la situation sécuritaire en Afghanistan et alors que la stratégie de Washington pour mettre fin au conflit avec les taliban est de plus en plus ouvertement questionnée par ses alliés.
A son arrivée à Kaboul, James Mattis a voulu faire preuve d'optimisme sur la tenue de négociations de paix.
"En ce moment, nous voyons davantage de signes que la réconciliation n'est plus seulement une lueur, ce n'est plus un mirage. Il y a maintenant un cadre, il y a des lignes de communication ouvertes", a déclaré le chef du Pentagone.
Une diplomate du département d'Etat s'est entretenu cet été au Qatar avec des émissaires des taliban pour tenter de poser les bases de négociations de paix.
PAS DE PERCÉE ATTENDUE AVANT LA PRÉSIDENTIELLE
Washington dit trouver des raisons d'espérer dans le fait que les insurgés islamistes ont accepté une trêve temporaire en juin - même si elle a volé en éclat depuis avec notamment une offensive de grande ampleur à Ghazni le mois dernier.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"Le travail le plus important est de commencer le processus politique et la réconciliation", a déclaré le général Joseph Dunford aux journalistes voyageant avec lui.
"Ce que nous essayons de faire dans le domaine militaire, c'est convaincre les taliban qu'ils ne peuvent pas gagner sur le champ de bataille et qu'ils doivent s'engager dans un processus de paix."
En privé, les responsables et experts américains se montrent beaucoup plus réservés sur les derniers développements, disant notamment ignorer l'influence réelle qu'ont les responsables taliban qui se sont rendus cet été au Qatar sur la direction du mouvement.
Deux commandants insurgés ont déclaré à Reuters que les taliban avaient rejeté ces derniers jours une offre de cessez-le-feu du président afghan Ashraf Ghani, qui espère ramener un semblant de calme avant les élections législatives du mois prochain et la présidentielle d'avril 2019.
Cette échéance incertaine rend en revanche improbable toute percée diplomatique, notent les experts.
"Je serais surpris que quelque chose se passe en matière de réconciliation avant l'élection présidentielle car les taliban ne considèrent tout simplement pas le gouvernement comme une force crédible", souligne Michael Kugelman, chercheur au centre de réflexion Wilson Center à Washington.
(Arthur Connan et Tangi Salaün pour le service français)
reuters.com