Climat: Peu de progrès sur le financement vert à Bangkok
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par Rina Chandran
BANGKOK (Fondation Thomson Reuters) - Les discussions qu'ont eues des experts à Bangkok sur la question délicate de l'aide à verser aux pays émergents pour s'adapter aux changements climatiques ont peu progressé, ce qui risque de freiner les avancées à la COP24, la conférence internationale sur le climat qui se tiendra en décembre à Katowice, en Pologne.
Pour Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les travaux de la session intermédiaire de Bangkok, qui ont pris fin dimanche, se sont soldés par des "résultats inégaux" sur l'élaboration de règles censées encadrer la mise en oeuvre de l'Accord de Paris (2015) sur la lutte contre le réchauffement climatique.
"Cette situation souligne l'urgente nécessité de poursuivre le travail dans les semaines à venir", a-t-elle dit à l'issue des travaux.
Les spécialistes des questions d'environnement et de développement se montraient plus cinglants: pour eux, l'absence d'entente sur les modalités de financement menace ni plus ni moins l'Accord de Paris.
"Il est au bord (du gouffre) parce que les pays développés refusent d'adopter des règles claires sur le financement de la lutte contre le réchauffement", déclarait Harjeet Singh, à la tête de l'ONG internationale ActionAid.
"S'ils restent crispés sur leurs positions et ne mettent pas la main au porte-monnaie, cela pourrait bien être la fin du traité. D'ici le sommet prévu en décembre, une montagne de travail nous attend", a-t-il expliqué.
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En 2009, les gouvernements des pays riches avaient accepté de recueillir 100 milliards de dollars (86 milliards d'euros) par an à l'horizon 2020 pour aider les pays vulnérables à se développer sans accroc tout en faisant face aux conséquences des changements climatiques.
Alors que cette échéance approche, les désaccords demeurent sur les contributeurs à cet objectif annuel de financement. Les discussions sur ce sujet sont restées dans l'impasse à Bangkok, où les Etats-Unis, le Japon et l'Australie ont plaidé pour une certaine souplesse permettant d'inclure dans cette somme des prêts commerciaux ainsi que des garanties d'assurance et d'exportation.
DES RÈGLES POUR L'ACCORD DE PARIS
Le Fonds vert pour le climat, mécanisme rattaché à la CCNUCC destiné à canaliser une bonne partie des fonds promis par les pays riches, traverse aussi des difficultés. Il peine à remplir ses coffres depuis que l'administration américaine a laissé entendre qu'elle ne verserait pas deux des trois milliards de dollars initialement promis par les Etats-Unis.
Patricia Espinosa a reconnu devant la presse toute la complexité des questions de financement de la lutte anti-réchauffement et estimé que les réunions à venir, que ce soit au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement ou des ministres, seraient l'occasion de les résoudre.
Car lors du sommet de Katowice, l'objectif sera de mettre la dernière main aux règles encadrant la mise en oeuvre concrète de l'Accord de Paris, ratifié par environ 180 pays.
A la réunion de Bangkok, le rôle de la société civile a été limité et il n'y a pas eu de réelles avancées sur certaines demandes comme les droits des indigènes, la participation publique, les droits de l'homme, a déclaré à la Fondation Thomson Reuters Shradha Sreejaya, de l'ONG Forum Asie Pacifique sur les femmes, le droit et le développement.
Nul ne s'attendait à ce que toutes les questions en suspens soient réglées dans la capitale thaïlandaise, mais l'importance du fossé qui demeure entre les positions des uns et des autres a suscité des déceptions.
"Nous devons convenir de règles à la fin de l'année. Ce n'est pas une date butoir artificielle, c'est un délai très concret pour pouvoir mettre en oeuvre l'Accord de Paris en 2020", a averti Harjeet Singh, d'ActionAid.
(Eric Faye pour le service français)
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