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Macron veut faire taire les accusations d'"arrogance"

reuters.com

Publié le 25 septembre 2018 à 11:13 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:30

Macron veut faire taire les accusations d'"arrogance"

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Lisi Niesner

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PARIS (Reuters) - Accusé "d'arrogance", y compris dans son propre camp, Emmanuel Macron espère se défaire de son étiquette de "président des riches" et tourner "par l'action" la page de seize mois de pouvoir pollués par une série de polémiques sur son style qui ont parfois éclipsé ses réformes et brouillé son message.

Après l'avoir un temps démenti, l'Elysée a confirmé lundi que l'idée d'une prise de parole du chef de l'Etat, dont la dernière interview télévisée remonte au printemps, était bien à l'étude, l'occasion pour le président en chute libre dans les sondages d'expliquer une nouvelle fois son action.

"Toute la question se pose du juste calendrier", souligne un proche du président. "Il ne faut pas que le président parle trop tôt par rapport à des échéances qui ont de lourds impacts sur la France - le Brexit - et il ne faut pas qu'il parle trop tard par rapport à des sujets de préoccupation, comme le pouvoir d'achat, et pour purger un certains nombres d'incidents, le départ de Hulot, l'affaire Benalla."

"Il faut clore un chapitre, en ouvrir un autre", estime-t-on, deux mois après la première crise politique d'ampleur du quinquennat provoquée par la diffusion d'une vidéo montrant l'ancien collaborateur de l'Elysée Alexandre Benalla en train de violenter des manifestants le 1er mai dernier.

Cet épisode a contribué à faire chuter encore davantage la cote de popularité d'Emmanuel Macron - selon un sondage Opinionway pour LCI publié dimanche, le chef de l'Etat a enregistré en septembre son score le plus bas depuis le début du quinquennat avec 28% de "satisfaits" de son action contre 35% en juillet.

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Aux séquelles de l'affaire Benalla se sont greffées en cette rentrée les démissions surprises du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, et de celle des Sports Laura Flessel ainsi que les critiques du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, sur "un manque d'humilité" de l'exécutif.

"GROSSE TÊTE"

Dimanche, d'autres propos de l'ancien maire de Lyon, tenus le 6 septembre lors d'une rencontre avec des journalistes, ont refait surface dans la Dépêche du Midi.

"Les provinciaux, et j'en suis, ont déjà une tendance naturelle à considérer que les Parisiens ont la grosse tête et les snobent, or des expressions comme la nouvelle grammaire de la politique ou la start-up nation, ils ne s'y reconnaissent pas", a déclaré ce soutien de la première heure du chef de l'Etat.

Quant à Emmanuel Macron "nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler. Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début : Ferrand, Castaner, Griveaux et moi...D'ailleurs, il va finir par ne plus me supporter. Mais si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s'isoler, car par nature l'Élysée isole".

Gérard Collomb, qui a annoncé sa candidature pour les municipales de 2020 à Lyon, aurait également reproché, au cours de ce même déjeuner, à Emmanuel Macron de ne "pas être monté au créneau plus tôt" sur l'affaire Benalla.

A l'Elysée, on estime que l'épisode est clos. "Il était très important que le président et Gérard Collomb se parlent (la semaine dernière-NDLR) pour se mettre d'accord sur la façon dont Gérard Collomb envisageait sa place dans le gouvernement, puis son départ du gouvernement et que les uns et les autres cessent de penser qu'il y avait une espèce de possibilité d'être à la fois dehors et dedans".

"Il y a peut être eu un moment où on pensait qu'on pouvait être à la fois dehors et dedans, je crois que maintenant c'est clair on ne peut pas être dehors et dedans, mais on peut être dedans puis dehors, c'est ça la règle", ajoute-t-on.

PAS DE CHANGEMENT DE CAP POLITIQUE

Si l'entourage d'Emmanuel Macron se livre à une forme de mea culpa sur le style et la communication qui ont prévalu au cours de la première année de quinquennat - le Premier ministre Edouard Philippe a lui-même reconnu la semaine dernière une possible "part d'orgueil" au gouvernement - pas question pour autant de changer de cap ni de politique.

Certes, le chef de l'Etat a étoffé ces dernières semaines le volet social de sa politique avec les plans de lutte contre la pauvreté et pour l'amélioration du système de santé et l'exécutif a multiplié les déclarations en faveur des retraités.

Mais "sous prétexte de combattre l'étiquette de président des riches, on ne va pas se mettre à dire qu'on va privilégier la dépense sociale et matraquer d'impôts ceux qui gagnent bien leur vie", prévient-on à l'Elysée. "Ça c'est hors de question".

"Notre ennemi mortel c'est le simplisme. Nous faire basculer sur le coté vous donnez un coup à droite, un coup à gauche. Des formules chocs", ajoute-t-on. "On doit assumer le fait qu'on fait des choses, non pas extraordinairement sophistiquées, mais qu'on a une lecture de l'action politique qui repose sur quelque chose d'un peu plus compliqué que ce qui a été fait par le passé."

Pour le président, "le seul moyen de se défaire de cette image qui lui est apposé c'est l'action", ajoute-t-on. "Il ne va pas aller à la télévision pour dire : 'je ne suis pas hautain, je ne suis pas arrogant', il n'a pas à se justifier de ça."

"Si de notre côté on arrive à expliquer que l'action du président est tout le contraire de cet espèce de côté élitiste, voire limite aristocratique, mais qu'elle est profondément démocratique dans le fait de réembarquer dans le modèle social français des gens qui en sont écartés depuis des dizaines d'années, peut-être que c'est là qu'on est susceptible de remporter la partie", dit-on.

(Marine Pennetier, avec Jean-Baptiste Vey et Michel Rose, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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