Indonésie: Le système d'alerte défaillant sur le "dernier kilomètre", selon son concepteur
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Indonesie: le systeme d'alerte defaillant sur le "dernier kilometre", selon son concepteur
Antara Foto Agency
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Indonesie: le systeme d'alerte defaillant sur le "dernier kilometre", selon son concepteur
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BERLIN/DJAKARTA (Reuters) - Le système indonésien d'alerte au tsunami a été défaillant sur le "dernier kilomètre", a estimé lundi le centre de recherche allemand qui l'a conçu, après la catastrophe qui a fait 844 morts, vendredi, aux Célèbes, selon un bilan toujours très provisoire.
Les vagues de près de six mètres qui se sont abattues vendredi sur l'île après une séisme de magnitude 7,5 ont pris ses habitants par surprise et nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi le dispositif n'a pas fonctionné.
"Le problème, c'est la communication entre les autorités locales et la population, par exemple sur la plage, comme aux Célèbes", a souligné Jörn Lauterjung, directeur de la branche Geoservices chez GFZ. La firme allemande a fourni le système à Djakarta après le raz-de-marée de 2004, qui a fait 226.000 morts sur le pourtour de l'océan Indien, dont 126.000 en Indonésie.
Le système a, selon lui, fonctionné comme prévu et a annoncé des vagues de trois mètres sur la côte nord-ouest des Célèbes.
"Si vous regardez toute la chaîne d'avertissement depuis l'émission du signal d'alerte jusqu'au dernier kilomètre (...), jusqu'à la population locale en danger, c'est dans la dernière partie que le problème est survenu", dit-il.
"Il semble par exemple que les sirènes d'alarme n'aient pas fonctionné et qu'aucune voiture de police équipée de haut-parleurs n'ait averti la population locale", ajoute-t-il.
L'institut indonésien de géophysique (BMKG) a par ailleurs levé son alerte tsunami 34 minutes après l'avoir lancée, ce qui lui a valu de nombreux reproches. Il affirme avoir suivi la procédure sur la base des données relevées par le capteur de marée le plus proche, qui est situé à 200 km de Palu, ville de 380.000 habitants dévastée par le tsunami.
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COMMUNICATIONS COUPÉES
"Nous n'avons pas de données provenant de Palu. Nous avons donc dû nous appuyer sur celles que nous avions pour lancer un appel", a expliqué au cours du week-end Rahmat Triyono, chargé des séismes et des raz-de-marée à l'institut.
Le marégraphe (instrument de mesure du niveau de la mer à un point donné) le plus proche n'a, selon lui, enregistré qu'une vague "insignifiante" de six centimètres, sans détecter les murs d'eau progressant à plusieurs centaines de kilomètres à l'heure qui se sont abattus à Palu, ville qui se trouve au fond d'une baie très étroite.
On ignore si ces vagues ont déferlé avant ou après la levée de l'alerte. "D'après les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, nous estimons que le tsunami s'est produit avant la fin officielle de l'alerte", a toutefois déclaré Rahmat Triyono.
Le géophysicien Baptiste Gombert, de l'université d'Oxford, juge "surprenant" que le séisme de vendredi ait provoqué un tel raz-de-marée. Il s'agissait du "décrochement" horizontal de deux plaques tectoniques voisines. Les tsunamis sont en général provoqués par des mouvements verticaux.
"Certains évoquent un glissement de terrain sous-marin qui aurait déplacé beaucoup d'eau et provoqué le tsunami", a-t-il poursuivi, ajoutant que l'étroitesse de la baie en avait sans doute accentué la force.
Sutopo Purwo Nugroho, porte-parole des services de secours, a déclaré samedi que son équipe "s'apprêtait à envoyer des avertissements facilement compréhensibles", quand l'alerte a été levée.
Le ministère des Télécommunications a quant à lui assuré que des alertes répétées avaient été envoyées par SMS, mais, d'après Sutopo Purwo Nugroho, les moyens de communication ont été détruits par le séisme et il n'y avait pas de sirènes d'alarme dans la zone touchée.
(Reuters TV à Berlin et Gayatri Suroyo à Djakarta; Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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