Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov met fin à sa grève de la faim
reuters.com

Oleg sentsov met fin a sa greve de la faim
Sergey Pivovarov
reuters.com

Oleg sentsov met fin a sa greve de la faim
Sergey Pivovarov
MOSCOU (Reuters) - Le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, détenu en Russie pour terrorisme, a mis fin à sa grève de la faim et consenti à se réalimenter après plus de quatre mois de jeûne, ont déclaré les autorités pénitentiaires russes.
Le cinéaste a déclaré de son côté avoir été contraint de renoncer.
"Mon opinion n'a pas été prise en compte", a-t-il dit dans un communiqué transmis par son avocat au journal Novaïa Gazeta.
"Apparemment, je ne suis pas en situation d'évaluer mon état de santé et le danger qui me menace. L'alimentation forcée sera mise en oeuvre dans le cadre des mesures de soins intensifs. Dans de telles conditions, je dois cesser ma grève de la faim à partir de demain", a expliqué le réalisateur.
Oleg Sentsov, qui est âgé de 42 ans, est accusé d'avoir planifié des attentats, ce qu'il a toujours nié. Il avait entamé une grève de la faim en mai dernier pour protester contre la situation des droits de l'homme en Russie et reçu de nombreux soutiens d'hommes politiques et d'écrivains occidentaux qui ont appelé à sa libération.
Né en Crimée ukrainienne, Oleg Sentsov s'était opposé à l'annexion de la péninsule par la Russie en 2014.
"Oleg Sentsov a mis fin à sa grève de la faim", a déclaré Valery Maksimenko, directeur adjoint des services pénitentiaires russes, cité par l'agence de presse Tass. "Il a accepté de commencer à manger."
Selon le directeur, des nutritionnistes travaillent avec Oleg Sentsov, qui a perdu beaucoup de poids.
Le réalisateur a été condamné par un tribunal militaire russe à 20 ans d'incarcération dans une prison à sécurité maximale en 2015 après avoir été déclaré coupable d'avoir incendié deux bureaux en Crimée, dont l'un appartenant au parti politique au pouvoir en Russie. Oleg Sentsov a également été reconnu coupable de complot en vue de faire sauter une statue.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Oleg Sentsov, qui nie les faits qui lui sont reprochés, estime que son procès était motivé par des considérations politiques.
L'Union européenne a déclaré que l'affaire "constituait une violation du droit international" et le département d'Etat américain l'a qualifiée de "déni de justice manifeste".
"145 jours de lutte, 20 kilos de moins, plus un corps épuisé, mais l'objectif n'est toujours pas atteint", écrit encore Sentsov dans son communiqué. "Je remercie tous ceux qui m'ont soutenu et je demande pardon à ceux que j'ai déçus."
(Andrew Osborn; Danielle Rouquié et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
reuters.com