Le président camerounais Paul Biya en lice pour un septième mandat
reuters.com

Le president camerounais paul biya brigue un nouveau mandat
Zohra Bensemra
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Le president camerounais paul biya brigue un nouveau mandat
Zohra Bensemra
YAOUNDE (Reuters) - Le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 36 ans, était le grand favori de l'élection présidentielle qui s'est déroulée dimanche au Cameroun dans un calme relatif en dépit d'incidents dans les régions anglophones séparatistes du pays.
Les bureaux de vote ont fermé à 17h00 GMT. La compilation des résultats à l'échelle nationale pourrait prendre jusqu'à deux semaines.
Des incidents isolés ont été signalés dans les régions anglophones, où certains bureaux de vote n'ont pu ouvrir, notamment à Buéa, dans l'ouest du pays.
L'armée a rapporté qu'un responsable régional avait été légèrement blessé dans une embuscade tendue par des rebelles. Selon une source au sein des services de sécurité, au moins trois séparatistes armés ont été tués par les forces de sécurité dans la ville anglophone de Bamenda, dans l'ouest du pays.
Dans une déclaration faite à Yaoundé après avoir voté, Paul Biya, qui brigue à 85 ans un septième mandat, n'a pas fait allusion aux violences séparatistes. "La campagne électorale s'est déroulée pacifiquement", a-t-il dit, appelant le pays à garder sa maîtrise quand les résultats seront connus.
Plusieurs partis d'opposition se sont alliés afin de tenter de profiter du mécontentement d'une partie des 24 millions d'habitants, dont un grand nombre vivent dans une précarité extrême et accusent Biya de diriger le pays comme s'il s'agissait d'un fief personnel.
Mais les chances de l'opposition, incarnée en premier lieu par le candidat du Front social-démocrate Joshua Osih, sont minces au regard de l'histoire du pays.
En 2011, Paul Biya a été élu avec 78% des suffrages, une élection que Washington a qualifiée de "faussée". Sur le continent africain, seul le président de la Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang, est au pouvoir depuis plus longtemps que lui.
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"Il n'y a pas le moindre doute sur la victoire, la partie est déjà gagnée", a déclaré samedi le porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary.
Le Cameroun connaît des violences en raison du soulèvement de séparatistes anglophones dans l'ouest du pays, le long de la frontière avec le Nigeria. Ils protestent depuis un an contre la marginalisation dont ils se disent victimes de la part du gouvernement du président Biya, très majoritairement composé de francophones.
En octobre 2017, les séparatistes ont proclamé l'indépendance d'un Etat baptisé "Ambazonie", déclenchant une riposte de l'armée camerounaise. Les affrontements ont fait des centaines de morts et des milliers de déplacés.
Les séparatistes avaient annoncé qu'ils empêcheraient la tenue du scrutin dans les régions anglophones, où vivent 5 millions de personnes, soit un cinquième de la population.
(Edward McAllister avec Josiane Kouagheu à Douala; Jean Terzian et Henri-Pierre André pour le service français)
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