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L'Italie ne fera pas marche arrière sur le budget, dit Salvini

reuters.com

Publié le 08 octobre 2018 à 09:22 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:27

Juncker et moscovici sont des "ennemis de l'europe", selon salvini

Juncker et moscovici sont des "ennemis de l'europe", selon salvini

Max Rossi

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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ROME (Reuters) - L'Italie ne cédera pas aux pressions des marchés et ne reviendra pas sur ses décisions budgétaires, a réaffirmé lundi à Rome le vice-président du Conseil Matteo Salvini, qui recevait Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN) français.

"Si quelqu'un a de mauvaises pensées, il faut qu'il sache qu'il y a des gens qui parient sur le spread (ndlr-l'écart de taux entre les emprunts italiens et allemands) parce qu'ils ne veulent pas que l'Italie retrouve la croissance et crée des emplois", a-t-il dit lors d'une conférence de presse avec Marine Le Pen.

"Nous ne ferons pas marche arrière, nous ne ferons pas marche arrière", a martelé Matteo Salvini à propos des objectifs budgétaires de l'Italie.

"Des spéculateurs font comme (George) Soros et parient sur l'effondrement de l'Italie pour acheter au rabais des entreprises en bonne santé", a-t-il ajouté.

Matteo Salvini a qualifié d'"ennemis de l'Europe" Jean-Claude Juncker et Pierre Moscovici, respectivement président de la Commission européenne et commissaire aux Affaires économiques et monétaires.

"Les ennemis de l'Europe sont ceux qui sont murés dans le bunker de Bruxelles. Ce sont Juncker et Moscovici qui ont apporté la peur et la précarité au travail en Europe", a-t-il dit.

Le chef de file de la Ligue, également ministre de l'Intérieur, avait auparavant adressé une mise en garde aux agences de notation qui s'apprêtent réévaluer la dette italienne, tout en excluant à nouveau une sortie de la zone euro.

Moody's, qui a attribué à l'Italie la note de Baa2 assortie de perspectives négatives, a annoncé son intention de la réviser fin octobre, lorsque le gouvernement aura soumis ses objectifs budgétaires à la Commission européenne.

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Standard & Poor's, qui note la dette italienne BBB avec une perspective stable, doit réévaluer la situation le 26 octobre.

"J'espère que personne n'a de préjugés vis-à-vis de ce gouvernement ni d'étranges intentions", a déclaré Matteo Salvini au micro de RTL 102.5.

"UN SYSTÈME DEVENU TOTALITAIRE"

Les décisions des agences de crédit ne doivent pas être utilisées pour contraindre l'Italie à céder ses "joyaux", a-t-il poursuivi, évoquant les compagnies d'énergie publiques ENI et ENEL, l'assureur Generali ou la Poste Italiane.

"Mes enfants vont grandir dans un condominium européen avec des euros dans les poches. La sortie de l'euro n'est pas à l'ordre du jour, pas aujourd'hui, ni demain ou après-demain", a ajouté Matteo Salvini.

La Commission européenne a exprimé la semaine dernière sa "grave inquiétude" après la publication jeudi des objectifs budgétaires pluriannuels de l'Italie mais Rome a promis samedi de s'en tenir à son projet.

"Ce gouvernement a été attaqué dès sa naissance par des journaux et des commissaires européens. Cela dit, je suis un homme très occupé et je n'ai certainement pas le temps de me mettre en colère", a ajouté Matteo Salvini.

Marine Le Pen, pour sa part, a souligné que "l'Union européenne est la zone économique qui a eu la plus faible croissance dans les dix dernières années, la pauvreté y a augmenté de façon terrible ainsi que le chômage de masse qui s'est installé comme s'il s'agissait là d'une fatalité".

"Nous sommes aujourd'hui à un moment historique : c'est l'Histoire avec un grand 'H' qui va s'écrire au mois de mai prochain. C'est l'émergence d'une Europe des nations, d'une Europe du respect, d'une Europe de protection, celle pour laquelle nous nous battons depuis de nombreuses années, notamment avec Matteo Salvini", a-t-elle ajouté, faisant référence aux élections européennes de l'an prochain.

"Pour cela, il faut accompagner cette révolution démocratique et pacifique qui se déroule en Europe, dans le monde entier, et qui vise à tourner le dos à la mondialisation sauvage, à la globalisation sauvage, qui a laissé sur son passage un véritable carnage social."

"Nous ne luttons pas contre l'Europe avec Matteo Salvini, nous luttons contre l'Union européenne qui est un système devenu totalitaire (...) pour sauver la vraie Europe", a lancé la présidente du RN.

(Steve Scherer et Giselda Vagnoni, avec Sophie Louet à Paris; Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)

reuters.com

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