Hong Kong garde le silence sur l'expulsion d'un journaliste du Financial Times
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Hong kong garde le silence sur l'expulsion d'un journaliste du financial times
Bobby Yip
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Hong kong garde le silence sur l'expulsion d'un journaliste du financial times
Bobby Yip
HONG KONG (Reuters) - La dirigeante de l'exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, a refusé mardi d'expliquer pourquoi la demande de renouvellement de visa du rédacteur en chef pour l'Asie du Financial Times avait été rejetée.
Le Britannique Victor Mallet, établi à Hong Kong depuis deux ans, a été informé la semaine dernière que son visa ne serait pas renouvelé.
Il y a deux mois, Mallet avait organisé au Club des correspondants de la presse étrangère à Hong Kong une rencontre avec Andy Chan, un militant indépendantiste hongkongais. Les autorités chinoises et hongkongaises avaient vivement critiqué cette initiative.
S'exprimant pour la première fois en public sur ce dossier qui a ravivé les inquiétudes relatives à la liberté de la presse dans la Région administrative spéciale de Hong Kong, Carrie Lam a qualifié de "pure spéculation" le lien établi entre le rejet de visa et cette rencontre.
Mais elle a refusé de dire pourquoi la demande de renouvellement de visa du journaliste avait été rejetée, se contentant d'indiquer que les autorités hongkongaises ne font pas de commentaire sur les cas particuliers et que la décision avait été prise en conformité avec la loi et dans le cadre des circonstances spécifiques de cette demande.
Aux journalistes l'interrogeant sur les répercussions auxquelles ils pourraient s'exposer s'ils travaillent sur le sujet de l'indépendance, la dirigeante de l'exécutif a répondu: "Je suis navrée, mais je ne peux pas vous dire exactement ce que des journalistes doivent dire, comment ils doivent agir ou interviewer, mais je peux vous garantir (...) que la liberté d'expression, la liberté d'information sont des valeurs centrales à Hong Kong."
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Le visa de tourisme de Mallet expire ce dimanche.
"En l'absence d'explication de la part des autorités, on ne peut que conclure que cette décision est politique", a réagi le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt.
Une pétition en ligne demandant à l'exécutif local de revoir sa décision a été signée par plus de 10.000 personnes.
Dans un communiqué, la porte-parole de Federica Mogherini, qui dirige la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union européenne, a estimé que l'affaire constituait un "précédent inquiétant" et "risquait de nuire à la réputation internationale de Hong Kong".
"En l'absence d'une explication crédible de la part des autorités, cette décision semble politiquement motivée et soulève donc de sérieuses inquiétudes quant à la liberté de la presse et à la liberté d'expression à Hong Kong", a ajouté Maja Kocijancic.
L'Australie s'est également émue de cette décision. Un porte-parole de son consulat à Hong Kong a appelé le gouvernement local à "garantir les libertés" inscrites dans la Basic Law, la mini-Constitution en vigueur depuis la rétrocession à la Chine, sous statut spécial, de l'ancienne colonie britannique, en 1997.
(James Pomfret; Henri-Pierre André pour le service français)
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