Brexit: Barnier juge un accord à portée de main d'ici au 17 octobre
reuters.com

Brexit: barnier juge un accord a portee de main d'ici au 17 octobre
Yves Herman
reuters.com

Brexit: barnier juge un accord a portee de main d'ici au 17 octobre
Yves Herman
BRUXELLES (Reuters) - Un accord sur le Brexit est possible d'ici au Conseil européen des 17 et 18 octobre, a estimé mercredi Michel Barnier, tout en invitant à nouveau Londres à accepter l'instauration d'un contrôle des biens entre la République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord.
"Un accord est à portée de main pour le 17 octobre, mercredi prochain, si nous réussissons à achever ces négociations maintenant", a déclaré le négociateur en chef de l'Union, s'adressant à des chefs d'entreprise au Parlement européen.
Son adjointe Sabine Weyand et le négociateur britannique Oliver Robbins se sont enfermés cette semaine à Bruxelles pour tenter de parvenir à un accord avant le conseil européen des 17 et 18 octobre.
La frontière entre Irlande et Ulster deviendra, après le Brexit, la seule frontière terrestre entre le Royaume-Uni et l'Union européenne et les deux parties veulent éviter un rétablissement des contrôles, notamment pour préserver les acquis des accords de paix d'avril 1998, qui ont mis fin à trente ans de "troubles" en Irlande du Nord.
L'UE, a poursuivi Michel Barnier, fait tout ce qu'elle peut pour que le contrôle des biens transitant à cette frontière, qui pourraient avoir lieu à bord des ferries, dans les ports ou sur les lieux de production, soient "le moins intrusifs possibles". Des contrôles vétérinaires et sanitaires seront toutefois nécessaires pour les animaux et les produits d'origine animale, a-t-il souligné.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Outre les contrôles douaniers, la rupture entre l'UE et la Grande-Bretagne imposera selon lui la vérification de la TVA et le respect des normes européennes si la "clause de sauvegarde" entre en vigueur, parce qu'un accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni ne sera pas suffisant pour garantir que la frontière terrestre ne sera pas une "frontière dure".
"Nous proposons d'utiliser les procédures douanières existantes pour éviter de procéder à des contrôles aux points de transit", a poursuivi le négociateur, soulignant que les biens transitant entre Irlande et Ulster pourraient être déclarés en ligne au préalable.
"Les seules vérifications systématiques visibles entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni consisteraient à scanner des codes à barres sur les camions ou les conteneurs, ce qui devrait être fait sur les ferries ou dans les ports de transit."
Pour les biens industriels, les contrôles pourraient être effectués dans les entreprises par "les autorités de surveillance du marché", mais pour les animaux et des produits d'origine animale, ils devront quoi qu'il en soit avoir lieu à la frontière et la totalité devra être contrôlée.
"Notre défi est de faire en sorte que ces procédures soient aussi simples et faciles que possible, en particulier pour les petites et moyennes entreprises", a ajouté Michel Barnier, sous les acclamations de son auditoire.
La chancelière Angela Merkel a salué ces annonces et a dit souhaiter que l'Union conserve un lien le plus étroit possible avec le Royaume-Uni après le Brexit.
"J'espère qu'il y a des progrès, apparemment il y en a", a-t-elle déclaré. "Mais parfois, le diable se cache dans les détails", a-t-elle toutefois prévenu.
(Gabriela Baczynska et Alastair Macdonald; Jean-Stéphane Brosse, Jean-Philippe Lefief et Nicolas Delame pour le service français)
reuters.com