Téléchargez
notre application
Ouvrir

Amnesty prie la coalition de soutenir davantage la ville de Rakka

reuters.com  |   |  342  mots
Amnesty prie la coalition de soutenir davantage la ville de rakka[reuters.com]
(Crédits : Aboud Hamam)

BEYROUTH (Reuters) - La coalition conduite par les Etats-Unis a détruit une grande partie de la ville de Rakka lorsqu'elle servait de bastion syrien de l'organisation Etat islamique mais elle a fait bien peu pour contribuer à sa reconstruction, a déploré vendredi l'ONG Amnesty International.

Près d'un an après la fuite des derniers djihadistes, 80% de la ville est toujours à l'état de ruine et des milliers de cadavres restent ensevelis sous les décombres, a souligné Anya Neistat, directrice générale chargée des recherches à Amnesty lors d'une conférence de presse organisée à Beyrouth.

"Il est tout à fait choquant de voir que si peu a été fait au cours de l'année écoulée pour ramener Rakka à la vie", a-t-elle dit au retour d'une visite sur place.

"Eu égard aux montants dépensés pour mener cette campagne très, très coûteuse, la coalition devrait avoir assez d'argent pour en assumer les conséquences."

Capitale autoproclamée de l'EI en Syrie, Rakka a été reprise sur le terrain en octobre 2017 par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de milices arabes et kurdes appuyées par des frappes aériennes occidentales.

"30.000 logements ont été complètement détruits et 25.000 l'ont été partiellement", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'environ 2.500 corps ont été extraits des décombres, en grande majorité ceux de civils tués par les frappes aériennes de la coalition.

La coalition se défend, disant oeuvrer à stabilisation de la ville plutôt qu'à sa reconstruction.

"Le nombre de personnes libérées s'élève à environ 3 millions, ce qui est une bonne chose. Il y a eu beaucoup de dégâts. Je ne pense pas que le problème vienne de pays membres de la coalition qui refuseraient d'aider", a réagi le colonel Sean Ryan, porte-parole de la coalition.

Il a rappelé que les pays de la coalition ne peuvent travailler avec le régime de Damas qui s'oppose à leur présence.

(Angus McDowall, Nicolas Delame pour le service français)