La "Rust Belt", point de bascule électorale
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La "rust belt", point de bascule electorale
Larry Downing
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La "rust belt", point de bascule electorale
Larry Downing
par James Oliphant
TOLEDO, Ohio (Reuters) - Si les regards restent focalisés sur le sud des Etats-Unis, c'est bien dans le nord de l'Union, dans l'arc industriel de la "Rust Belt", le long des grands lacs, que se trouve la clé des élections de mi-mandat et, au-delà, de la présidentielle de 2020.
Les ralliements de l'Ohio, du Michigan, de la Pennsylvanie et du Wisconsin au camp républicain ont fait basculer en 2016 le collège électoral en faveur de Donald Trump alors que sa rivale démocrate Hillary Clinton avait remporté le vote populaire avec près de trois millions de voix d'avance.
Toute la question pour le Grand Old Party est de confirmer le 6 novembre prochain ce succès qui tenait avant tout à la personnalité de Trump et fut acquis d'une très courte avance: à peine un point de pourcentage dans le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie.
Candidat au poste de gouverneur dans l'Ohio, le démocrate Richard Cordray, souvent présenté comme un "populiste progressiste", s'est lancé à la reconquête de cet Etat stratégique du Midwest.
Dans une salle du centre de Toledo remplie d'électeurs afro-américains, Cordray promet d'améliorer la situation de cet Etat et celle du pays. "2018 mène à 2020", affirme-t-il.
Après le traumatisme de 2016, le Parti démocrate doit renouer les liens avec une base électorale qu'il a négligée et abandonnée aux promesses de Donald Trump.
Avec une avance de six points selon une enquête de la Suffolk University, Cordray paraît en mesure de l'emporter face à son adversaire républicain, Mike DeWine. Ce succès devrait s'accompagner de la réélection du sénateur Sherrod Brown, qui fait nettement la course en tête (entre +13 et +18 points) face à Jim Renacci, candidat républicain soutenu par le président américain.
"Trump fait son spectacle en permanence. Les gens en ont marre de lui et ils sont fatigués. Il n'aide pas les candidats républicains", explique Joe Zepecki, conseiller politique du Parti démocrate dans le Wisconsin.
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DÉFENSE DE L'OBAMACARE
Les raisons de cette résurgence démocrate dans la "Rust Belt" sont complexes et dépassent la seule personnalité de Trump, estiment les analystes.
Il y d'abord une bonne implantation locale des candidats démocrates face à des républicains peu connus, une inquiétude croissante provoquée par la déconstruction de l'Obamacare - la réforme de l'assurance maladie portée par le prédécesseur de Trump à la Maison blanche -, une mobilisation inattendue des électeurs démocrates et, bien sûr, un rejet de l'homme Trump.
L'Affordable Care Act, principale réalisation sociale de l'administration Obama, fut le thème de ralliement de la vague ultraconservatrice du Tea Party en 2009 et 2010, qui y était violemment hostile.
Mais la couverture maladie élargie s'est, avec le temps, transformée en un acquis auquel la population s'est attachée, notamment dans les Etats industriels défavorisés, touchés par l'épidémie des opioïdes.
Cette crise, liée à une consommation croissante de médicaments à base d'opiacés, a provoqué la mort de 52.000 personnes par surdose en 2015 et incité le gouverneur du Maryland a déclaré l'état d'urgence sanitaire en 2017.
Le rejet de l'Obamacare, réclamé par Trump et défendu par les candidats républicains, peine à convaincre les électeurs, la question de la protection santé étant placée en tête des préoccupations des démocrates et indépendants mais également des femmes dans cette région, montre un récent sondage la Kaiser Family Foundation.
NE PAS SOUS-ESTIMER TRUMP
En Pennsylvanie, le gouverneur Tom Wolf est en mesure de l'emporter contre le républicain Scott Wagner qui, tentant de faire décoller sa campagne, a diffusé une publicité télévisée dans laquelle il promettait d'écraser son adversaire avec ses chaussures de golf.
Dans le Michigan, la sénatrice démocrate Debbie Stabenow a peu à craindre de John James, candidat de Trump, tandis que Gretchen Whitmer n'est guère menacée par le républicain Bill Schuette au poste de gouverneur.
La situation est plus incertaine dans le Wisconsin où le gouverneur républicain Scott Walker est sérieusement concurrencé par le démocrate Tony Evers.
Un retour de la "Rust Belt" dans le giron démocrate aurait des conséquences importantes sur les élections de 2020 en raison du poids de ces Etats dans le collège électoral.
Face à ces revers prévisibles, le GOP veut se rassurer en affirmant que les choses seront très différentes dans deux ans et que les électeurs qui hésitent à voter républicain le 6 novembre se mobiliseront pour Trump.
Les démocrates ne doivent pas sous-estimer la force de Trump dans cette région, explique Steve Mitchell, analyste électoral républicain du Michigan. L'élection présidentielle est "quelque chose de totalement différent".
(Pierre Sérisier pour le service français)
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