USA: Trump dit ne pas vouloir stopper l'"enquête russe"
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Usa: trump dit ne pas vouloir stopper l'"enquete russe"
JONATHAN ERNST
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Usa: trump dit ne pas vouloir stopper l'"enquete russe"
JONATHAN ERNST
WASHINGTON (Reuters) - Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi avoir la possibilité de mettre fin à l'"enquête russe" mais ne pas vouloir le faire, alors qu'il a limogé dans la journée son ministre de la Justice, Jeff Sessions, une décision critiquée par les démocrates au lendemain des "midterms".
Ce départ est le premier changement opéré par Donald Trump au sein de l'administration américaine au lendemain des élections de mi-mandat, lors desquelles le Parti républicain a perdu sa majorité à la Chambre des représentants au profit des démocrates.
D'autres départs pourraient suivre alors que Donald Trump veut peaufiner son équipe en vue de la présidentielle de 2020. Il a annoncé mercredi que Mike Pence serait son colistier.
Plusieurs représentants démocrates ont critiqué la décision de Donald Trump de limoger Jeff Sessions et craignent que le président américain cherche à limiter, voire à stopper, l'enquête conduite par le procureur spécial Robert Mueller sur l'éventuelle implication de la Russie dans l'élection présidentielle de 2016 et une possible collusion entre l'équipe de campagne Trump et des représentants de Moscou.
Jeff Sessions était depuis de longs mois dans le viseur de Donald Trump, qui l'accusait de ne pas en faire suffisamment pour mettre un terme à cette enquête russe qualifiée de "chasse aux sorcières" par le président américain.
L'Attorney General est remplacé par son directeur de cabinet, Matthew Whitaker.
Jamais, dans l'histoire moderne des Etats-Unis, un ministre n'aura subi autant d'attaques verbales de la part d'un président.
Conservateur convaincu, Jeff Sessions, 71 ans, fut dès 2015 l'un des premiers caciques du Parti républicain à soutenir la candidature de Donald Trump à l'investiture républicaine.
Le président américain a annoncé son limogeage sur Twitter et Jeff Sessions a dit dans un courrier avoir présenté sa démission à la demande du président. "A votre demande, je vous présente ma démission", a-t-il écrit.
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"PROTÉGER L'INTÉGRITÉ DE L'ENQUÊTE"
Un conseiller de la Maison blanche, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a déclaré que Jeff Sessions avait été informé mercredi matin par téléphone par le secrétaire général de la Maison blanche, John Kelly, qu'il était temps de partir.
Ce limogeage pourrait avoir un impact sur l'enquête conduite par le procureur Mueller, Matthew Whitaker ayant à plusieurs reprises jugé que ses investigations allaient "trop loin" notamment lorsqu'elles visent les avoirs financiers de la famille Trump.
Interrogé lors d'une conférence de presse à la Maison blanche sur l'enquête russe, Donald Trump a affirmé qu'il avait la possibilité de limoger Robert Mueller mais se montrait hésitant à le faire.
"Je pourrais limoger tout le monde dès à présent, mais je ne veux pas la stopper, parce que politiquement je n'aime pas cette idée", a-t-il déclaré.
Les démocrates ont immédiatement déploré le limogeage de Jeff Sessions et demandé des explications à la Maison blanche.
Nancy Pelosi, chef de file des démocrates à la Chambre des représentants dont elle pourrait prendre le perchoir, a considéré le départ de Sessions comme une "tentative flagrante" de nuire à l'enquête russe.
Contacté par Reuters, un porte-parole du procureur spécial n'a pas souhaité faire de commentaire sur le limogeage de Jeff Sessions et sur ses conséquences sur l'enquête russe, actuellement placée sous la supervision du ministre-adjoint à la Justice, Rod Rosenstein.
"Pourquoi le président a-t-il fait ce changement et qui a l'autorité sur l'enquête du procureur spécial Mueller ?", s'est demandé sur Twitter le représentant démocrate Jerrold Nadler, qui devrait prendre en janvier la présidence de la commission judiciaire de la Chambre.
Steny Hoyer, le numéro 2 des démocrates à la Chambre, a déclaré que "le Congrès doit prendre une mesure bipartisane pour protéger l'intégrité de l'enquête du procureur spécial Mueller".
Cinq personnes liées à Donald Trump ont déjà plaidé coupable après avoir été mises en accusations, Paul Manafort, républicain de longue date, l'ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, l'ancien conseiller en politique étrangère de campagne, George Papadopoulos, son premier conseiller à la Sécurité nationale, Michael Flynn, et Rick Gates, proche de Paul Manafort qui a également travaillé pour l'équipe de campagne en 2016.
(Steve Holland, Jeff Mason, Sarah N. Lynch; Nicolas Delame et Jean Terzian pour le service français)
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