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Six ans de prison requis contre l'ex-secrétaire d'Etat Tron

reuters.com

Publié le 14 novembre 2018 à 12:40 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:18

Six ans de prison requis contre l'ex-secretaire d'etat tron

Six ans de prison requis contre l'ex-secretaire d'etat tron

Gonzalo Fuentes

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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BOBIGNY, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Le ministère public a requis mercredi six ans d'emprisonnement à l'encontre de l'ancien secrétaire d'Etat Georges Tron, jugé pour viols et agressions sexuelles en réunion.

L'avocat général a également demandé devant la cour d'assises de Bobigny (Seine-Saint-Denis) une peine d'inéligibilité de cinq ans à l'encontre de l'ex-député UMP, qu'il a dépeint en "pervers", de même que son inscription au fichier des délinquants sexuels.

L'actuel maire de Draveil (Essonne), âgé de 61 ans, encourt jusqu'à vingt ans de prison.

Le ministère public a également requis quatre ans à l'encontre de Brigitte Gruel, à l'époque maire-adjointe de Draveil, jugée pour les mêmes faits.

Le délibéré sera rendu jeudi, après quasiment quatre semaines d'audience et plus de sept années de procédure.

Georges Tron avait été dénoncé en mai 2011 par deux ex-collaboratrices en pleine affaire Dominique Strauss-Kahn, du nom de l'ex-directeur général du FMI dont la déchéance a déclenché à l'époque un débat de société sur la question du viol.

L'élu, qui a dû démissionner de ses fonctions gouvernementales sous la présidence de Nicolas Sarkozy, et sa complice présumée rejettent en bloc les accusations des deux plaignantes, toutes deux anciennes employées municipales.

Au tribunal, Eva Loubrieu et Virginie Faux, embauchées à la mairie de Draveil en 2007 et 2008, ont de nouveau accusé le maire et son adjointe de s'être adonnés sur elles à des attouchements et des jeux sexuels sous prétexte de massage thérapeutique des pieds.

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Elles ont aussi évoqué l'emprise et les pressions qu'auraient exercées Georges Tron et Brigitte Gruel, d'abord pour les contraindre à ces jeux, puis au silence. Non sans laisser apparaître une fragilité et des contradictions sur lesquelles table la défense des deux prévenus, dont le médiatique Eric Dupond-Moretti.

"DÉMAGO, IMPRÉCIS, NARCISSIQUE"

Eva Loubrieu a ainsi admis avoir consenti dans un premier temps à ces pratiques dans l'espoir d'une relation amoureuse avec le maire, comme pourraient l'attester des SMS suggestifs lus à l'audience. Avant que ces jeux tournent aux relations subies et à la soumission aux désirs des prévenus.

Durant son réquisitoire, l'avocat général, Frédéric Bernardo, a décrit la "mécanique terrible de harcèlement moral", la "meute" autour de Georges Tron, un homme qui, selon l'avocat général, "vampirise ses victimes".

Sur le ton du pédagogue plutôt que celui du procureur, il s'est par ailleurs efforcé de mettre à nu la stratégie de défense du principal accusé, consistant selon lui à "manipuler" la presse et à "politiser" un dossier de viol.

Me Eric Dupond-Moretti a riposté en accusant son vis-à-vis de s'être livré à un "réquisitoire démago, imprécis, narcissique", à un "hymne à la vacuité".

"Dans un procès pénal, il n'y a aucune place pour le militantisme, ni d'ailleurs pour le poujadisme qui nous a été imposé", a-t-il tonné, reprochant à l'avocat général une tendance à verser selon lui dans l'admonestation anti-politique.

Puis il a conclu à l'adresse des jurés : "Si vous condamnez Brigitte Gruel et Georges Tron, vous aurez jugé mais vous n'aurez pas rendu la justice."

De nombreux témoignages recueillis au cours de l'enquête décrivent l'ex-député sous les traits d'un "fétichiste du pied", des femmes dénonçant le caractère clairement sexuel et déplacé de son comportement avec elles.

L'ancien secrétaire d'Etat à la Fonction publique, dont la carrière nationale s'est arrêtée net, crie à la manipulation, notamment de la part de ses adversaires locaux d'extrême droite, un thème repris lors des plaidoiries par l'un de ses avocats, Me Antoine Vey.

Un premier procès s'était ouvert en décembre 2017 à Bobigny, en pleine tourmente médiatique provoquée par les nombreuses accusations de viol visant le magnat du cinéma américain Harvey Weinstein, mais il avait tourné court, Me Eric Dupond-Moretti dénonçant alors des conditions "totalement délétères".

(Emmanuel Jarry et Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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